Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une conférence de presse à Washington, le 10 mai 2013.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une conférence de presse à Washington, le 10 mai 2013. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
La communauté internationale est de plus en plus sûre que Bachar Al-Assad utilise des armes chimiques contre son peuple. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré vendredi que les Etats-Unis pensaient détenir une "preuve solide" de l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.
Au cours d'un dialogue avec des internautes organisé par Google+, NBC News et le département d'Etat, John Kerry a dénoncé les "choix terribles qu'a faits le régime [du président syrien Bachar Al-] Assad par sa volonté de tuer entre 70 000 et 100 000 personnes de son propre peuple, d'avoir recours à des gaz pour lesquels nous pensons avoir la preuve solide de leur utilisation".

La ligne rouge "franchie depuis longtemps"

Ces propos du chef de la diplomatie américaine, tout juste rentré vendredi d'une tournée à Moscou et à Rome centrée sur la Syrie, marquent un pas supplémentaire dans les déclarations de l'exécutif américain sur le dossier des armes chimiques dans ce pays en guerre. La Maison Blanche avait jugé lundi "hautement probable que quelque utilisation d'armes chimiques que ce soit en Syrie [soit] le fait du régime" syrien et non des rebelles. Le président Barack Obama avait promis fin avril une réévaluation des "options"américaines sur la Syrie s'il est prouvé que Damas a utilisé des armes chimiques, mais a mis en garde dans l'intervalle contre des décisions prises sans avoir "tous les éléments"en main.
La Syrie a utilisé des armes chimiques et a "franchi depuis longtemps" la ligne rouge fixée par les Etats-Unis, a estimé vendredi de son côté le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan sur NBC News. John Kerry a par ailleurs répété appeler de ses voeux un"gouvernement de transition" en Syrie, mais qui "n'inclura pas le président Assad". Il a également de nouveau évoqué la conférence internationale sur la Syrie qu'il avait annoncée cette semaine depuis Moscou pour la fin du mois de mai, confirmant qu'elle pourrait se tenir à Genève.