vendredi 17 mai 2013

Remaniement, retraites, droit de vote des étrangers... les annonces de François Hollande

François Hollande a tenu jeudi sa deuxième grande conférence de presse, un an après sa prise de fonctions à l'Elysée. Un grand oral pour faire le bilan sa première année de quinquennat et lancer "l'offensive de l'an deux".

Récession, chômage, réforme du marché du travail, polémique sur la sécurité après lesincidents au Trocadéro lors de la fête du PSG... La liste des dossiers sur lesquels François Hollande est attendu est longue, alors que le président tient jeudi sa deuxième grande conférence de presse, un an après sa prise de fonctions à l'Elysée.

C'est avec huit petites minutes de retard que François Hollande s'est présenté pour sa conférence de presse à l'Elysée, jeudi. "Je vous avais donné rendez-vous tous les six mois. Je suis donc à l'heure pour cette deuxième rencontre", a-t-il déclaré en préambule de son intervention placée sous le signe du bilan de l'année écoulée et "les orientations à venir". Costume noir, cravate bleu et ton solennel tout en se permettant quelques traits d'humour, François Hollande a défendu les réformes qu'il souhaitait mener. "Ce que je veux, c'est laisser une trace en 2017", a-t-il souligné. Le point sur ses principales déclarations.

> Le gouvernement conforté

Un remaniement n'est "pas d'actualité". François Hollande l'avait évoqué lui-même: un remaniement est possible et "aucun ministre n'est protégé". Justement interrogé sur l'échéance envisagée pour procéder à ce remaniement du gouvernement, le chef de l'Etat est resté évasif, jeudi en marge de sa conférence de presse. "Est-ce qu'il y aura un remaniement? Oui, un jour mais pas aujourd'hui", a-t-il affirmé, en profitant au passage pour "renouvelle toute (sa) confiance à Jean-Marc Ayrault pour les mois qui viennent."

Ayrault conforté, les ministres rapelés à l'ordre l'air de rien. "Jean-Marc Ayrault est un ministre désintéressé qui cherche simplement à faire réussir la politique que j'ai décidée pour le pays", a défendu François Hollande. Puis, interrogé sur les propos de Laurent Fabius qui estime que "Bercy avait besoin d'un patron", François Hollande a éludé. "Trop de ministres à Bercy? Aujourd'hui, il y a beaucoup de compétences économiques, a-t-il fait valoir. Ce qui m'importe au-delà des personnes et au-delà du nombre, c'est la ligne. Il ne doit y avoir qu'une seule ligne au sein du gouvernement. Tous les ministres sont liés les uns aux autres par un pacte qui va de soi: faire réussir la politique que j'ai 

décidée pour le



> L'objectif d'inverser la courbe du chômage maintenu

Objectif chômage. Refusant de voir dans la récession une impasse, le chef de l'Etat a réaffirmé que l'enjeu était "la croissance". "Notre économie est à l'arrêt depuis 2008. Je sais que cette situation engendre des difficultés pour bon nombre de mes compatriotes, de ceux qui espèrent un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants, a poursuivi François Hollande, au point de douter de leur gouvernants, ce qui est une menace pour la démocratie." Malgré un contexte économique difficile, François Hollande a de nouveau défendu l'idée que "la courbe du chômage pouvait être inversée d'ici à la fin de l'année".

Impopulaire, et alors? "Tant que le chômage progressera, il sera difficile de redresser ma courbe de popularité". Interrogé sur sonimpopularité record pour un président français en exercice, François Hollande a invoqué un contexte économique particulier et demandé à être jugé à la toute fin de son quinquennat. "Je suis président au pire moment. J'ai assumé en étant candidat, ce que j'allais trouvé. Et je savais que c'était une crise, même si on ignorait l'ampleur de cette crise en Europe. Mais ce qui doit être déterminant, c'est l'état de notre pays à la fin de mon mandat. Je ne demande pas à être jugé par les sondages mais, je jour venu, sur ce que j'aurai fait pour la France."

> Mariage homo, droit de vote des étrangers... des mesures sociétales assumées

Le droit de vote des étrangers après les municipales. "Vous ne m'avez pas posé de questions sur le droit de vote des étrangers. Je n'ai pas soumis ce texte au Parlement parce que je sais d'avance que l'opposition n'en veut pas. Ce texte sera soumis après les élections municipales comme ça il n'y aura pas d'enjeu électoral, a fait valoir François Hollande. Il sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l'adoption s'il le souhaite."



"Le débat sur le mariage homo était légitime". Puis François Hollande a défendu la loi sur le mariage homosexuel, revenant sur les mois de débats intenses qui ont précédé son adoption. "Le débat sur le mariage homosexuel était légitime". "Dès que le Conseil constitutionnel aura fait connaître sa décision, je promulgurai le texte. Je suis convaincu qu'au fur et à mesure, cette loi sera regardée comme ce qu'elle est: une loi pour l'égalité".


> Retraites: travailler "un peu plus longtemps"

A l'automne, le gouvernement planchera sur la réforme des retraites. Un enjeu autant économique que sociétal et qui ne sera pas sans condition, a prévenu jeudi François Hollande. A ce sujet, le chef de l'état a défendu trois principes: "Rétablir durablement des régimes de répartition, en tenant compte de notre démographie. On vit plus longtemps, on devra travailler un peu plus longtemps. Deuxième principe: tenir compte des carrières longues. Troisième principe: le dialogue, la concertation avec les partenaires sociaux comme cela sera le cas lors de la conférence sociale du mois de juin", a détaillé François Hollande.

> Réponse à Jérôme Cahuzac

"C'est moins grave de mentir pendant quinze secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande…!", aurait déclaré Jérôme Cahuzac à certains de ses collaborateurs, selon Le Figaro. Interrogé à ce sujet, François Hollande a répondu: "Le mensonge déshonore la politique". Avant de conseiller à son ancien ministre du Budget, qui tâte actuellement le terrain pour se représenter à la législative partielle du Lot-et-Garonne, de renoncer à la vie politique. "Jérôme Cahuzac ne devrait pas se présenter à quelque élection que ce soit".

> "Sortir l'Europe de sa langueur"

Passer à l'offensive. "La première année de mon quinquennat a été entièrement consacrée à la défense de notre souverainté et la remise en ordre de notre économie. L'an deux doit être celui de l'offensive", a estimé François Hollande. "Mon devoir doit être de sortir l'Europe de sa langueur", a-t-il soutenu après avoir défendu "le bienfondé des décisions engagées depuis le début de mon élection pour faire bouger les lignes en Europe" et "l'indispensable couple franco-allemand sans lequel l'Europe ne peut pas avancer".

Un plan européen en quatre points. "Si l'Europe n'avance pas, elle tombe. Il est plus que temps de porter cette nouvelle ambition", a-t-il fait valoir, défendant l'objectif de "deux ans pour parvenir" à la mise en place d'un plan européen en quatre points, avec notamment l'instauration d'un gouvernement économique qui se réunirait tous les mois.

> Amnistie sociale: au cas par cas

François Hollande se dit prêt à examiner certains cas "exceptionnels". "Il est exact que Jean-Luc Mélechon était venu me présenter un certain nombre de situations que nous pourrons regarder, pas nécessairement dans une loi d'amnistie d'ailleurs", a-t-il déclaré, sans plus de précision.

> Incidents au Trocadéro: Hollande défend Valls

"Ce qui s'est passé au Trocadéro est inadmissible mais ceux qu'il faut d'abord condamner, ce sont les casseurs", a estimé François Hollande, interrogé sur la responsabilité de son ministre de l'Intérieur, pointé du doigt par l'opposition. "A l'évidence, ceux qu iont organisé ont pensé qu'il n'y avait pas de risques. Maintenant, on sait qu'ils existent. Et les fonctionnaires doivent être sanctionnés lorsqu'ils ont commis des fautes. Lorsqu'ils n'en ont pas commise, ils ne doivent pas être montrés du doigt. Quand à l'action du ministre de l'Intérieur, il est aujourd'hui reconnu être un républicain capable de faire respecter la loi. En tout cas je préfère son action à celui de son prédécesseur."



François Hollande lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013, à l'Elysée à Paris (BFMTV)

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