mardi 14 mai 2013

PSG champion: la fête gâchée

Des incidents ont émaillé la fête prévue pour la remise du titre de champion de France au PSG place du Trocadéro à Paris. Des fumigènes et des pétards ont été lancés, la parade des joueurs sur la Seine a été annulée. Trente blessés sont à déplorer, selon la préfecture de police.

Affrontements entre ultras et CRS, véhicules et vitrines vandalisés à quelques encablures de la tour Eiffel: des incidents ont gâché, lundi soir, les cérémonies au Trocadéro pour le troisième titre de champion de France du Paris Saint-Germain.
Devant l'ampleur des incidents, le club et son parraineur Nike ont préféré annulé la mini-croisière que devaient faire les joueurs sur la Seine pour saluer leurs supporteurs et exhiber leur trophée.
Trente personnes ont été blessées au cours des affrontements entre les casseurs et la police, qui a procédé à vingt-et-une interpellations.

Affrontements entre police et casseurs

Les échauffourées ont commencé vers 18 heures, lorsque des personnes sont arrivées en masse derrière la place du Trocadéro. Il y a eu des jets de fumigènes et de pétards. À 18h20, un speaker a demandé à la foule de se calmer et de ne pas pousser.
Mais des affrontements ont éclaté au bord de la scène entre des supporteurs, visiblement des ultras de la tribune Auteuil, et des stewards du club, avec jets de fumigènes pendant cinq minutes environ. Des supporteurs ont ensuite escaladé un échafaudage installé le long du palais de Chaillot, retardant les festivités.
Un membre du service de sécurité a également projeté une barrière sur les fauteurs de trouble massés au pied du podium, selon des images de télévision.
Pendant que les joueurs en costume recevaient leur trophée en quatrième vitesse, les perturbateurs ont ensuite déployé une banderole "Liberté pour les ultras", en référence à la politique de sécurisation du Parc des Princes mise en place il y a trois ans par le précédent président du PSG Robin Leproux (2009-2011), en réaction à de nombreux débordements.
A 21 heures, le calme était revenu sur la place du Trocadéro, rouverte à la circulation, mais en contrebas, des supporteurs continuaient à faire face aux forces de l'ordre sur le pont menant à la Tour Eiffel, où certains ont même pillé un autobus de touristes, selon des images de télévision. 

Trente blessés, 21 interpellations

La préfecture de police de Paris a indiqué, aux alentours de 23 heures, que trente personnes ont été blessées, dont trois parmi les forces de l'ordre, au cours desdébordements.
Selon la Croix-Rouge Ile-de-France, ces blessés, dont certains se trouveraient dans un état très grave, souffrent de traumatismes et/ou de brûlures liées aux fumigènes. 

Vingt-et-une personnes ont été interpellées après des jets de projectiles ou des dégradations.

Discours et parade annulés

"C'est dommage qu'il y ait eu une poignée de perturbateurs, les débordements ont été contenus, la fête n'a pas été gâchée", a commenté le maire de Paris sur BFMTV.
Les joueurs n'ont pas pris le temps de s'adresser à la foule comme cela était prévu et ne sont finalement restés que cinq minutes sur le podium, devant lequel les attendaient plusieurs milliers de supporteurs encadrés par un nombre visiblement insuffisant de stewards du club.


Pour des raisons de sécurité, la mini-croisière que devaient faire les joueurs sur la Seine pour saluer leurs supporters et exhiber leur trophée a également été annulée.

Événement "sous-estimé", selon le syndicat Alliance

Malgré ces nombreux incidents, le mobilier urbain vandalisé, les commerces et voitures endommagés, la préfecture de police a défendu, dans la soirée, le dispositif de sécurité mis en place autour de l'événement. 

Alliance, second syndicat des gardiens de la paix, a jugé pour sa part que les autorités avaient sous-estimé l'ampleur de la cérémonie de remise du trophée.
"On aurait pu prévoir l'ampleur de l'évènement mais cela a été sous-estimé", a ainsi déclaré le Secrétaire national du syndicat Fabien Vanhemeryck. "Nous avons été débordés" alors que "nous savions tous ce qui aurait pu se passer", a-t-il ajouté

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