Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho au palais Sao Bento, à Lisbonne, le 3 mai 2013. 
Le Premier ministre portugais Pedro 
Les fonctionnaires portugais sont à leur tour touchés par une série de mesures d'austérité, pourtant de plus en plus contestée en Europe. Dans un discours à la nation, le chef du gouvernement de centre droit, Pedro Passos Coelho, a notamment annoncé son intention d'allonger leur temps de travail de 35 aux 40 heures en vigueur dans le secteur privé. Il a également fait part de son intention de reporter l'âge du départ à la retraite à taux plein de 65 à 66 ans. En outre, le gouvernement souhaite le départ volontaire de quelque 30 000 fonctionnaires dans ce pays qui en compte près de 700 000.
"Les mesures que je viens d'annoncer représentent, dans leur ensemble, environ 4,8 milliards d'euros à l'horizon 2015", a-t-il précisé. "Hésiter maintenant porterait un coup à la crédibilité que nous avons déjà reconquise", a souligné le Premier ministre, affirmant que ces mesures visaient à éviter un deuxième plan de sauvetage financier.

L'austérité censurée par la Cour constitutionnelle

En mai 2011, le Portugal s'est engagé à mettre en oeuvre un programme de rigueur et de réformes exigeant sur trois ans, en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. L'adoption de ces mesures est nécessaire pour que le Portugal obtienne une nouvelle tranche d'aide de deux milliards d'euros de ses bailleurs de fonds, représentés par la "troïka" UE-BCE-FMI.
Reste que début avril, la Cour constitutionnelle du pays a rejeté plusieurs mesuresdu budget de l'Etat pour 2013. Elle a jugé non conforme à la Loi fondamentale la suppression du 14e mois de salaire versé aux fonctionnaires et aux retraités, ainsi qu'une mesure instaurant un prélèvement sur les allocations chômage et maladie.