dimanche 12 mai 2013

Marche et "collectif du 1er juin" contre les violences


Souvent, les marches contre les violences sont construites sur l"émotion, ce qui attire les discours simplistes, radicaux, réactifs. A Marseille, alors qu'un nouveau règlement de compte a tué un garçon de 17 ans jeudi (tentative ce matin dans Libé d'explication du rajeunissement des acteurs du trafics), une marche partira le 1er juin de la gare Saint-Charles. Contre "toutes les formes de violence". En amont, un "collectif du 1er Juin contre les violences" a réuni des habitants, des travailleurs sociaux, des militants associatifs, notamment autour du centre social Malpassé et du collectif "Quartiers Nord, quartiers forts". Il ont écrit un texte fort traçant le cadre de cette mobilisation.
Il appelle à un "travail de fond sur la perception de la violence et la façon dont les habitants l'analysent et l’intègrent à leur quotidien". Dénonce les discours culpabilisant, amalgamant les habitants à la violence qu'ils subissent. Comme si, dans des territoires insulaires, ghettoisés, l'habitant était plus qu'ailleurs comptable de ce qui lui pourrit la vie.  "Nous aussi, dit le texte, nous aimons nos enfants, et nous sommes fatigués de les accompagner jusqu'à leurs tombes ! Nous ne supportons plus d’être montrés du doigt, d’être assimilés à l’image des violences, des mafias et des assassinats qui endeuillent notre ville et nos vies à jamais."  
Causes structurelles de ces violences? "Les inégalités face à l’école et la formation des jeunes, l’emploi, la maladie et les difficultés de la vie". Plus le chômage, la pauvreté, l’échec scolaire, les logements délabrés, les quartiers délaissés, les services publics dépassés... Ces quartiers qui servent de théâtre aux violences "ont été volontairement abandonnés" et "se sont transformés en ghettos, engloutissant notre confiance et nos combats !"
Dans d'autres villes, les violences urbaines, depuis les années 80 et surtout 90, ont servi d'avertisseur. Ont obligé la collectivité à travailler en profondeur à l'ouverture de ces quartiers, la lutte contre les inégalités, le retour de services publics. A Marseille, peut-être considérera-t-on dans vingt ans que les règlements de compte des années 2010 ont joué ce rôle.
Le collectif rappelle que les habitants ne supportent plus les trafics de drogue "sans aucun moyen de prévenir, de résister et de soigner". Qu'ils veulent une police exemplaire, et aussi parler, comprendre, être entendus, agir. Bref ne plus être considérés comme "des victimes ni des complices. "Nous sommes, résume le collectif du 1er juin, des citoyens responsables et nous disons ensemble, ce n’est plus possible !
La marche, le 1er Juin, partira à 14h30 de la gare St Charles pour rejoindre la préfecture. "Nous appelons tous les marseillaises et les marseillais qui veulent vivre ensemble dans la paix et la diversité, à nous rejoindre", conclut le collectif.

QUARTIERS POPULAIRES : NOUS SOMMES TOUS DES MARSEILLAIS
EGALITE DES DROITS ET DES TRAITEMENTS POUR TOUS ET PARTOUT
« NON A TOUTES LES FORMES DE VIOLENCE : Nous aussi nous aimons nos enfants, et nous
sommes fatigués de les accompagner jusqu'à leurs tombes ! »
Nous ne supportons plus d’être montrés du doigt, d’être assimilés à l’image des violences, des mafias et des
assassinats qui endeuillent notre ville et nos vies à jamais. Au-delà de l’émotion et de la douleur, le constat est
partagé : la dérive et la banalisation de la violence ne sont que la résultante d’un profond malaise social.
« Egalité des Droits, Egalité de traitement, JUSTICE POUR TOUS et PARTOUT ! »
Nous ne supportons plus les discriminations à notre égard et celui de nos enfants. Nous ne supportons pas les
inégalités face à l’école et la formation des jeunes, l’emploi, la maladie et les difficultés de la vie, simplement
parce que nous vivons dans des quartiers qui ont été volontairement abandonnés et qui se sont transformés en
ghettos, engloutissant notre confiance et nos combats !
« Un Avenir pour nos Enfants, MAINTENANT ! »
 Nous ne sommes pas responsables du chômage, de la pauvreté, de l’échec scolaire, des logements délabrés,
des quartiers délaissés, des services publics dépassés, de l’absence de jardins d’enfants, d’équipements sportifs
et culturels pour les adolescents, de l’absence de traitement adapté pour lutter contre le chômage et pour la
formation des jeunes de nos quartiers ; autant de violences quotidiennes.
« Nous voulons l’état de Droit même dans nos quartiers populaires! »
Nous refusons toutes les violences qui endeuillent nos quartiers. La République de l’égalité, de la fraternité, de
la vraie liberté de vivre en sécurité, a abandonné nos quartiers ; nous demandons un vrai plan d’urgence pour
ramener tous les services publics, en concertation avec les habitants, et dès maintenant !
« La Police OUI, pour nous Protéger, pas pour nous Enfermer ! »
Nous ne supportons plus les trafics de drogue sans aucun moyen de prévenir, de résister et de soigner. Nous ne
supportons plus que la seule réponse soit le déploiement de forces de police agressives qui déplacent le
problème sans jamais le résoudre. Nous voulons une police exemplaire et de proximité.
« Nous sommes des citoyens pas des victimes ni des complices ! »
NOUS LES FAMILLES, nous voulons parler, nous voulons comprendre, nous voulons des réponses, nous voulons
être entendues, nous voulons agir. Nous avons des demandes précises, élaborées en commun avec les acteurs
de terrain, et nous voulons les faire entendre pour qu’elles soient mises en œuvre.
Nous sommes des citoyens responsables et nous disons ensemble, « ce n’est plus possible »!
C’est pourquoi nous marcherons le 1° Juin de la gare St Charles à la préfecture. Et nous
appelons tous, les marseillaises et les marseillais, qui veulent vivre ensemble dans la paix et
la diversité, à nous rejoindre.
RENDEZ-VOUS SAMEDI 1° JUIN à 14H30
AUX ESCALIERS DE LA GARE St CHARLES
Appel des collectifs d’Habitants des quartiers populaires
Pour nous rejoindre, participer, soutenir :
http://marseille.blogs.liberation.fr/files/appel-du-collectif-1er-juin-1.pdf

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