lundi 6 mai 2013

Manifestation du Front de gauche : entre 30 000 et 180 000 personnes


Jean-Luc Mélenchon avait appelé à manifester contre l'austérité, pour donner "un coup de balai" et pour une VIe République.

La manifestation "contre l'austérité, contre la finance et pour une VIe République" du Front de gauche a réuni dimanche 5 mai 30 000 participants à Paris, a annoncé la préfecture de police (PP). Elle a dérogé à la règle car elle ne donne pas habituellement de chiffrage des manifestations politiques, mais elle a bien estimé, cette fois, à 30 000 le nombre de participants à la "marche citoyenne" du Front de gauche et de Jean-Luc Mélenchon.
Sur Twitter, le Parti de gauche, à l'image du secrétaire national Eric Coquerel, avait revendiqué le chiffre de 180 000 manifestants.
Vendredi l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012 avait dit que 100 000 participants "serait un triomphe"Le Monde a estimé qu'il y avait 45 000 manifestants.

Polémique sur les chiffres

Jean-Luc Mélenchon n'a pas tardé à critiquer les chiffres de la préfecture de police. Il a déclaré, en direction du ministre de l'Intérieur, que c'était "une ridicule provocation d'un ignorant qui ne connaît même pas la contenance des places et rues de Paris". Pour lui, Manuel Valls, est "aux abois" et "son chiffrage ajoute à son naufrage politique".
L'intéressé, interrogé au Grand Jury RTL/Le Figaro, a défendu le travail de la police : "Les méthodes de la préfecture de police de Paris sont connues de tous (...) Il y en a assez de ceux qui ici ou là remettent en permanence en cause le travail de ceux qui représentent l'Etat. Je ne veux pas et je n'accepte pas que l'on mette en cause le travail des policiers et des gendarmes, d'une manière générale ou le travail de la PP de Paris ". Et d'ajouter : "J'imagine que Jean-Luc Mélenchon n'a pas protesté il y a quelques jours quand la PP a donné des chiffres très précis concernant les manifestations contre le mariage pour tous . II doit accepter sereinement... Il a annoncé 100.000, ensuite ce soir 180.000 . La réalité c'est 30.000 . C'est déjà pas mal . Il faut l'accepter. On n'a pas le droit de mettre en cause le travail des fonctionnaires".

La phrase de Mélenchon: "période d'essai terminée"

C'est probablement la phrase de cette "marche citoyenne". Sur un podium à La Bastille, Jean-Luc Mélenchon a affirmé, à propos du quinquennat de François Hollande, que "la période d'essai (était) terminée". 
Deux oeillets rouges à la boutonnière, un foulard rouge autour du cou, il a accusé le chef de l'Etat de ne pas respecter ses engagements de campagne. "Nous n'avons pas changé d'avis, nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité", a-t-il dit .

La phrase de Joly : "Nous avons la tête dure"

Aux troupes du PCF et du Parti de gauche s'est jointe une foule de personnalités, dont Eva Joly (EELV), candidate des écologistes en 2012 ou le journaliste Edwy Plenel, fondateur du site Médiapart.
Première à s'exprimer, place de la Bastille, avant que le cortège ne s'ébranle vers la place de la Nation, l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle a assuré qu'il ne s'agissait pas "d'une mobilisation anti-gouvernementale". Eva Joly, dont le parti en tant que tel ne s'est pas associé à ce rassemblement, s'est déclarée heureuse d'être ici avec "les dizaines de milliers de militants de la gauche et de l'écologie qui veulent que ça change maintenant, qui veulent que ça change vraiment".
"Nous avons la tête dure. Nous ne céderons ni aux menaces, ni aux flatteries, aux intimidations, aux rappels à l'ordre. Nous avons chacun nos histoires, nos traditions politiques, nos réflexes. Nous avons chacun notre vocabulaire et il est parfois très différent. Mais nous ne nous laisserons pas diviser", a affirmé la candidate des écologistes d'EELV à la présidentielle de 2012.




Jean-Luc Mélenchon, place de la Bastille, à Paris, le 5 mai 2013.

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