mardi 7 mai 2013

La presse internationale juge la première année de François Hollande à l'Elysée

Un an après avoir salué l’élection du président socialiste, comment la presse étrangère juge-t-elle son action ?

“Happy birthday mister President.” Si François Hollande célèbre, lundi 6 mai, le premier anniversaire de son élection, la formule susurrée par Marilyn Monroe à John Fitzgerald Kennedy en 1962 ne se prête pas à l’esprit du jour. Sévèrement critiqué dans l’Hexagone, le président socialiste n’est pas épargné non plus à l’étranger.

"Un cortège d'oraisons funèbres"

“Les anniversaires politiques sont des constructions artificielles, estime le Guardian en introduction de son éditorial (en anglais). Dans le vrai monde, il n’y a pas de raison qu’un président soit jugé à la fin de ses 100 premiers jours, ou même de sa première année. Surtout si son pays est la proie de la pire crise économique depuis des décennies et membre de la zone euro, où les marges de manœuvre sont minces.” Mais ce n’est qu’un début.
Comme de nombreux journaux étrangers, le quotidien britannique livre un verdict cinglant, comparant même les articles de ses confrères à “un cortège d’oraisons politiques”. A l’instar des Français, la plupart des pays semblent déçus par le président de la République.

“Il hoche la tête et attend des jours meilleurs”

Les critiques les plus virulentes à l’égard du président français lui sont adressées d’outre-Rhin. Faisant l’analogie avec les années 1930, le quotidien Süddeutsche Zeitung (article en allemand) remarque que le pays “sombre dans un pessimisme infiniment plus dangereux que l’absence de croissance ou le chômage à 10%. C’est maintenant que l’on aurait besoin du président, souligne le journal, qui critiquait déjà le président lors de son élection. Or que fait François Hollande ? Il hoche la tête et attend des jours meilleurs."
Souvent, c’est l’image de “Flamby” (le surnom est repris par la presse étrangère) qui dérange. “Bien qu’il ne s’affiche plus en ‘président normal’, analyse le quotidien suisse Le TempsFrançois Hollande continue d’être perçu comme manquant d’autorité, incapable de tracer des perspectives d’avenir claires et porteuses d’espoir.”

“Tout est parti à vau-l’eau” dès le début

Le Daily Telegraph rappelle (article en anglais) que d’entrée, la présidence de François Hollande a pris l’eau. Le jour de sa prise de fonctions, sa Citroën à toit ouvrant a essuyé la pluie alors qu’il remontait les Champs-Elysées. Un signe annonciateur de l’année à venir, selon le quotidien britannique. Dans un article intitulé “Monsieur Normal est devenu le président pitoyable", il précise qu’à partir de ce jour, “tout est parti à vau-l’eau”.
“La première année du quinquennat s’achève sur un bilan terrible, sur le fond et sur le style”, enchaîne Le Temps. Rigueur, couacs, contestation, la presse étrangère se focalise pour l’essentiel sur les ratés de la présidence.
Petite pique supplémentaire, certains, comme le Suédois Aftonbladet, rappellent qu'il s'en est fallu de peu pour que Dominique Strauss-Kahn soit élu à sa place : “Tout ça parce qu’un coureur de jupons n’a pas été foutu de garder sa braguette fermée”traduitCourrier international dans son édition de la semaine.

Mali : “l’îlot d’accalmie”

Annus horribilis”, “un an dans la tourmente”… les titres étrangers ne sont pas tendres avec François Hollande. A la hauteur des espoirs suscités, peut-être. Ainsi, le Guardianl’estime victime de son succès et du système politique français donnant de larges pouvoirs au président de la République : “Qu’on lui ait donné tant de responsabilités il y a un an, et qu’il semble si désemparé aujourd’hui illustre le chemin parcouru par le président français.”
Finalement, pour François Hollande, le bol d’air vient d’Afrique. Son initiative d’intervenir au Mali lui a procuré un “îlot d’accalmie au milieu de la tempête politique”,rapporte L’Observateur Paalga (Burkina Faso). Sans oublier toutefois de préciser, adoptant le ton des autres journaux étrangers : “Pour une fois qu’Hollande ratisse large.”
Après un an de pouvoir, une question demeure, posée par Le Temps :“Comment le président de la République compte-t-il reprendre la main ? Pour l’instant, c’est le flou.”François Hollande, le 29 avril 2013 au palais de l'Elysée.

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