lundi 13 mai 2013

Haute-Loire: un militant islamiste assigné à résidence en fuite

Saïd Arif, un militant islamiste de nationalité algérienne, a pris la fuite dans une voiture volée. Il n'a pas pointé à la gendarmerie dimanche matin.

Un militant islamiste de nationalité algérienne, Saïd Arif, assigné à résidence depuis octobre 2012 à Brioude, en Haute-Loire, a pris la fuite vraisemblablement samedi soir à bord d'une voiture volée, selon le procureur du Puy-en-Velay Jacques Louvier, dimanche.
C'est le fils du gérant de l'hôtel de Brioude (Haute-Loire) où réside l'homme condamné en 2007 pour terrorisme, qui a donné l'alerte dimanche, ne le voyant pas apparaître au petit déjeuner, a précisé le procureur, confirmant une information du Journal du Centre.
Saïd Arif n'a également pas pointé à la gendarmerie à 9 heures ce dimanche comme il y est astreint chaque jour.

En état de récidive

La voiture de la belle-fille du gérant de l'hôtel a par ailleurs été volée et un plan Milan a été déclenché pour le retrouver.
Le procureur a saisi le SRPJ de Clermont-Ferrand: "Le fait de violer un arrêté de cette nature (d'assignation à résidence, ndlr) est une infraction pénale passible de 3 ans emprisonnement", a rappelé Jacques Louvier, d'autant que Saïd Arif a déjà été condamné pour la violation d'un arrêté similaire et condamné en 2012 par le tribunal correctionnel de Rodez à 6 mois de prison.

"Il est donc en état de récidive", a ajouté le procureur. Ce dernier estime qu'il a sûrement pris la fuite samedi soir puisque son lit à l'hôtel n'était pas défait, notamment.

Avant son procès de 2007, Saïd Arif avait été mis en examen et écroué en 2004 pour "appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, dans le dossier des filières de recrutement de combattants en Tchétchénie.
 

"Un individu dangereux"

Par ailleurs, le parquet a ouvert à l'encontre de ce militant islamiste une enquête en avril pour apologie de crime terroriste. Confiée au SRPJ de Clermont-Ferrand, l'enquête fait suite à des déclarations à un hebdomadaire catholique de la Haute-Loire, "Renouveau", le 21 mars dernier.
Il y déclarait que "les attentats suicide ayant une dimension économique sont le meilleur moyen de lutte pour les islamistes", avant d'ajouter: "Avec une voiture piégée, vous tuez 150 à 200 personnes."
Interrogé à dimanche à l'occasion d'une conférence de presse dans les Yvelines sur la sécurité routière, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a estimé que Saïd Arif "est incontestablement un individu dangereux".
"Il avait tenu des propos inacceptables à un organe de presse. Tout est fait pour le retrouver", a ajouté le ministre.
Né le 5 décembre 1965 à Oran, Saïd Arif, lieutenant déserteur de l'armée algérienne, s'est notamment rendu en Afghanistan où il a été formé dans les camps d'entraînement d'Al-Qaïda.

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