samedi 11 mai 2013

Esclavage: aux Etats-Unis, des plaintes pour "faire réfléchir"



La journée commémorative de l'esclavage, vendredi, a posé la question des réparations. Aux États-Unis, des plaintes avaient été déposées en 2002 contre des entreprises au passé trouble. Mais pas tant pour les condamner que pour les faire réfléchir.

 

À l'occasion de la Journée commémorative de l'esclavage vendredi, la question des réparations s'est une nouvelle fois posée. Le Comité représentatif des associations noires (Cran) a indiqué qu'il allait déposer plainte contre la Caisse des dépôts pour "avoir profité de l'esclavage". Une initiative inspirée des Etats-Unis, où une procédure similaire avait été menée il y a dix ans.

En 2002, une plainte collective avait ainsi été déposée contre des banques, compagnies d'assurance et entreprises, accusées de s'être enrichies de la traite négrière. Une action en justice qui ne visait pas tant à condamner qu'à "faire réfléchir ces entreprises et institutions sur leur passé", selon l'historien spécialiste des Etats-Unis François Durpaire. 

"La plainte visait à les contraindre d'adopter une politique ouverte d'élaboration de mémorials, de musées, de participation à des manifestations autour de la question de la mémoire de l'esclavage", explique-t-il.

JP Morgan avait proposé des réparations

Et l'initiative avait fonctionné: l'affaire en justice n'avait pas abouti, mais certaines entreprises avaient publiquement reconnu s'être enrichies grâce à l'esclavage. La banque JP Morgan, par exemple, s'était engagée à financer des bourses d'études à des jeunes de ghettos noirs.

De son côté, le Cran estime que sa plainte ne s'apparente pas à de la "vengeance". "Si on fait cette assignation, ce n'est pas pour nous venger, mais pour alimenter le débat", a expliqué l'avocat de l'association, Me Norbert Tricaud. L'association ne veut d'ailleurs pas en rester là: elle envisage d'autres actions contre des banques privées ou des groupes sucriers dont le nom reste lié à la traite négrière.

 

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