mardi 16 avril 2013

Venezuela : Nicolas Maduro déclaré vainqueur de la présidentielle, l'opposition conteste

Nicolas Maduro, vainqueur de la présidentielle venezuelienne, célèbre sa victouire aux côtés de son épouse Cilia Flores le 14 avril 2013 à Caracas (Venezuela).
Nicolas Maduro, vainqueur de la présidentielle venezuelienne, célèbre sa victouire aux côtés de son épouse Cilia Flores le 14 avril 2013 à Caracas (Venezuela).
(TOMAS BRAVO / REUTERS)


"Le socialisme bolivarien est le futur de ce pays." La succession politique d'Hugo Chavez est assurée : son dauphin et chef de l'Etat par intérim, Nicolas Maduro, a été donné vainqueur de l'élection présidentielle au Venezuela, dans la nuit de dimanche 14 à lundi 15 avril, par la Commission électorale.
Ancien chauffeur de bus et dirigeant syndical à l'imposante carrure, Nicolas Maduro, 50 ans, s'est affiché tout au long de la campagne en garant des "missions bolivariennes", les programmes sociaux financés par la manne pétrolière du pays, doté des plus grandes réserves de pétrole brut au monde.
L'héritier de Chavez remporte officiellement le scrutin avec 50,66% des voix, mais son adversaire, Henrique Capriles, a refusé de reconnaître cette victoire. Francetv info revient sur les premiers enseignements à tirer de cette élection, scrutée par la communauté internationale.

Une victoire de justesse

Avec seulement 1,59 point d'avance, soit 235 000 voix (sur 19 millions d'électeurs inscrits) sur son rival, Nicolas Maduro l'emporte de justesse, et sa victoire est beaucoup plus serrée que prévue. Le nouveau leader vénézuélien réalise ainsi un score moins élevé que son ancien mentor : face au même adversaire, Hugo Chavez avait réuni 55% des voix lors de la présidentielle d'octobre, cinq mois avant sa mort, en mars, des suites d'un cancer. 
Capriles réalise avec 49,07% des suffrages le meilleur score de l'opposition depuis le début de l'ère chaviste. Parti en outsider face à Maduro, le candidat de l'opposition a réalisé une percée dans les derniers jours de sa campagne. Certains craignent que ce résultat très serré plonge le pays, profondément divisé après quatorze ans de "révolution socialiste", dans un climat de tension.

Un résultat contesté par l'opposition

Dimanche soir, Henrique Capriles a refusé d'admettre la victoire de son rival. "Nous n'allons pas reconnaître un résultat avant que chaque bulletin des Vénézuéliens ne soit recompté, un par un", a-t-il déclaré après l'annonce de la Commission électorale.
"La lutte n'est pas terminée", a souligné cet avocat de 40 ans, brandissant une liasse de feuilles répertoriant plus de 3 000 "incidents" survenus, selon lui, durant l'élection. Quelques heures plus tôt, il avait dénoncé "l'intention de certains de modifier la volonté exprimée par le peuple", dans un message posté sur Twitter.
La Commission électorale a déclaré le résultat "irréversible", appelant les Vénézuéliens à respecter le verdict des urnes et à ne pas descendre dans les rues pour manifester. Face aux protestations de son rival, Nicolas Maduro a appuyé la conduite d'un "audité sur les résultats de l'élection.

Une participation importante

Des soutiens du président par interim, Nicolas Maduro, célèbrent la victoire de l'héritier d'Hugo Chavez à l'élection présidentielle dimanche 14 avril à Caracas (Venezuela).
Des soutiens du président par interim, Nicolas Maduro, célèbrent la victoire de l'héritier d'Hugo Chavez à l'élection présidentielle dimanche 14 avril à Caracas (Venezuela).
(RAUL ARBOLEDA / AFP)
La mobilisation des électeurs était une grosse interrogation de cette élection, la première de l'après-Chavez. Le camp chaviste redoutait une forte abstention après la mort de son charismatique leader. Mais si l'abstention, à 21,39%, est un peu plus élevée que lors de la dernière élection (un peu moins de 20%), elle reste à un niveau proche de celle observée par le passé. 
"Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous avons eu une victoire électorale juste", a commenté Nicolas Maduro. Vêtu d'un blouson aux couleurs du drapeau national, il a dédié sa victoire "à notre 'commandante' Hugo Chavez" devant une foule de partisans réunis au palais présidentiel de Miraflores, dans la capitale, Caracas

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