lundi 8 avril 2013

Pourquoi le référendum sur la fusion des collectivités en Alsace a échoué


Censé, selon ses partisans, renforcer le poids de l'Alsace, le "oui" partait favori. C'est finalement le "non" qui l'emporte. Le référendum alsacien, organisé en vue d'une fusion inédite des collectivités départementales et régionale de la plus petite région de France, a échoué, dimanche 7 avril. Il fallait un "oui" dans les deux départements pour que le projet aboutisse. Le Bas-Rhin a dit "oui", mais le Haut-Rhin a dit "non".
Selon des résultats partiels communiqués dimanche soir, le "non" a recueilli près de 55% des suffrages exprimés dans le Haut-Rhin, dans un contexte de très faible mobilisation des électeurs. 550 bureaux sur 675 ont été dépouillés dans ce département. Les électeurs Bas-Rhinois y sont en revanche favorables à près de 65%, selon ces résultats. Pourquoi le référendum a-t-il échoué ? Explications.

Parce que le débat est trop "institutionnel"

"Quand on a des débats sur les questions institutionnelles, ça n'intéresse pas nos concitoyens. Quand on vote pour une personne ou un parti, ça intéresse davantage", a commenté à Strasbourg le président du Conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel (UMP). C'est aussi l'analyse que fait la correspondante de France 2 à Strasbourg.
(Stéphanie Lafuente du bureau de France 2 )
Le désintérêt pour ce débat touche aussi des élus. Ainsi, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a déposé dimanche un bulletin blanc dans l'urne, rapporte France 3 Alsace. Il regrette que "les intentions initiales de simplification se sont perdues".
Le résultat traduit aussi les craintes de certains électeurs et élus du Haut-Rhin, dont la préfecture est Mulhouse, de voir leur département passer dans l'orbite du Bas-Rhin et de sa capitale Strasbourg.

Parce que l'affaire Cahuzac est dans les esprits

"L'impact des extrêmes a été important. Ce résultat est aussi à mettre en relation avec le climat général, la crise, et l'affaire Cahuzac a indiscutablement eu un effet", a regretté le président du Conseil régional d'Alsace, Philippe Richert (UMP), fervent défenseur du "oui".
Guy-Dominique Kennel a aussi déploré les retombées de l'affaire de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a reconnu détenir un compte non déclaré à l'étranger après des mois de mensonge. "Aujourd'hui, c'est incroyable le nombre de fois où on m'a parlé de l'affaire Cahuzac", a-t-il déclaré.
"Avec l'affaire Cahuzac les gens n'iront pas voter aujourd'hui", a confié à France 3 Alsace, Claude, 74 ans, un enseignant a la retraite, l'un des rares habitants à avoir fait le déplacement. 

Parce que le taux de participation est très bas

Il fallait que les votes positifs représentent au moins 25% des électeurs inscrits dans chacun des départements. C'est tout juste le cas : à 16h, la participation se situait à seulement 29,34% dans le Bas-Rhin et 28,51% dans le Haut-Rhin.
Dans un bureau de vote, le 7 avril 2013 à Kingersheim (Alsace). Les électeurs de l'Alsace sont appelés se rendre dans les urnes pour voter pour ou contre un conseil unique dans la région.
Dans un bureau de vote, le 7 avril 2013 à Kingersheim (Alsace). Les électeurs de l'Alsace sont appelés se rendre dans les urnes pour voter pour ou contre un conseil unique dans la région.
( MAXPPP)
A titre de comparaison, pour le premier tour des législatives de juin dernier, le taux à la même heure tournait autour de 42 à 45%. Près de 1,3 million d'électeurs étaient appelés aux urnes

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