dimanche 7 avril 2013

#pau Le principal suspect du meurtre d'Alexandre a avoué


Alexandre avait 13 ans quand il a été sauvagement assassiné à Pau.
Alexandre avait 13 ans quand il a été sauvagement assassiné à Pau. Crédits photo : -/AFP
Son ex-compagne et deux autres hommes ont été mis en examen pour l'assassinat à Pau, en 2011, de ce garçon de 13 ans. Les circonstances aggravantes d'actes de torture et de barbarie et de séquestration en bande organisée ont été retenues.


Le principal suspect du meurtre sauvage du jeune Alexandre Junca en juin 2011, à Pau, a avoué en garde à vue avoir commis l'atroce crime. Sa mise en examen devrait intervenir dimanche matin. Alexandre, 13 ans, avait disparu le 4 juin 2011 alors qu'il se rendait chez son père, dans le centre de Pau. Un fémur de l'adolescent avait ensuite été retrouvé le 26 juin dans le Gave de Pau, puis le reste de son corps les 19 et 20 octobre, alors qu'il gisait sous des gravats, dans cette même rivière. Son corps, démembré, avait été découpé par plusieurs outils différents, et sans doute par des personnes différentes, sans qu'on puisse encore déterminer combien il y a eu de meurtriers.
Après avoir raconté aux enquêteurs qu'un de ses amis avait frappé à coups de marteau Alexandre, qui l'aurait accidentellement percuté avec son vélo, le suspect principal avait finalement indiqué cette semaine que cet ami n'était pas sur les lieux, et que lui-même, en revanche, avait bien croisé Alexandre le soir du drame, et qu'il était en possession d'un marteau. Cet outil serait la même arme que celle avec laquelle il a agressé un SDF à Pau le 12 juillet 2011, un mois après la disparition d'Alexandre, agression pour laquelle il est actuellement en prison en Dordogne.
«Les parents vont être confrontés aux détails de l'horreur»
 
Me Pierrette Mazza-Capdevielle
La compagne aux moments des faits de cet homme de 27 ans, une petite brune de 47 ans aux cheveux mi-longs, à l'air fatigué et à la peau mate, comparaissait quant à elle avec deux autres hommes, l'un âgé de 25 ans environ, l'autre de 73 ou 74 ans, devant le juge des libertés et de la détention samedi en début de soirée. Les trois ont été mis en examen pour avoir, entre le 4 et le 26 juin 2011, donné la mort à Alexandre Junca avec préméditation, avec les circonstances aggravantes d'actes de torture et de barbarie, et pour avoir enlevé, détenu et séquestré le jeune homme en bande organisée. L'avocate de cette femme a affirmé que sa cliente se disait «innocente» des faits qui lui sont reprochés.
Encadrés par des policiers et la tête recouverte d'une bâche noire ou blanche, les trois gardés à vue étaient rentrés au tribunal vers 15 h samedi par une porte latérale. Au total, six personnes ont été placées en garde à vue, depuis mercredi, dans la région de Pau dans le cadre de l'information judiciaire ouverte au tribunal de grande instance pour l''assassinat d'Alexandre Junca. Deux d'entre elles ont depuis été remises en liberté.

Une enquête loin d'être terminée

On ne sait pas si le suspect principal a dénoncé des complices, ni quel a pu être le rôle des trois autres personnes dans l'affaire. Il n'est pas certain qu'Alexandre ne soit pas mort sur le coup, ou s'il a été détenu et violenté pendant plusieurs jours. D'où peut-être, selon un spécialiste du dossier, l'ouverture d'une information avec des chefs très graves, qui pourraient le cas échéant être allégés au fil d'une enquête «qui est loin d'être terminée».
«Les parents savent déjà que ce qu'ils vont apprendre va être monstrueux, ils vont être confrontés aux détails de l'horreur», avait indiqué, Me Pierrette Mazza-Capdevielle, l'avocate de Valérie Lance, la mère d'Alexandre. Ils attendent que la vérité prime, aussi douloureuse qu'elle soit», a pour sa part souligné Me Emmanuelle Leverbe, l'avocate du père, Philippe Junca.
Ce crime a donné lieu à plus de 2000 procès-verbaux, des centaines d'auditions et quelques gardes à vue sans suite et suscité d'importantes manifestations de solidarité à Pau.

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