samedi 13 avril 2013

#melenchon va être content Pascal #Cherki : «Le Front de gauche a vocation à entrer au gouvernement »


 Jean-Marc Ayrault affirme qu'une autre politique n'est pas possible. Comment réagissez-vous?
Pascal CHERKI. -Une ligne politique peut évoluer et même changer au regard des circonstances. Bien évidemment, il faut réduire les déficits. Mais le rythme auquel on les réduit, au vu de la croissance, pose une interrogation majeure. Comme nous sommes dans une croissance très faible, l'effort demandé risque de plonger le pays dans l'austérité, voire la récession. Finalement, on risque de perdre sur toutes les lignes. Il faut donc s'interroger sur le calendrier de la réduction de la dette. On n'atteindra pas un déficit à moins de 3 % en 2014. Avancer cet objectif, c'est avoir la certitude de ne pas le tenir.
Mais vous n'êtes toujours pas entendu.
Le débat ne fait que commencer. Il sera noble, car il touche au cœur de la question politique. Si nous ne changeons pas, nous allons rentrer dans le cycle bien connu de l'explosion duchômage et de la récession. À l'arrivée, il y aura une montée très forte du populisme et du rejet de l'Europe. À terme, l'Europe est menacée d'implosion.
La solution peut-elle se trouver dans un remaniement?
Le remaniement n'est pas un préalable, mais une conséquence. Ce gouvernement peut mener cette politique. Je n'appelle pas à un changement radical, mais à une inflexion. Il faudrait associer l'ensemble des formations de gauche. Plus un gouvernement rassemble à gauche, plus il se donne d'assise.
Vous voulez donc faire entrer le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon?
Évidemment. Ils ont vocation à l'être. La gauche est une seule et même famille. La responsabilité des formations de gauche est de réfléchir à leur convergence. Nous sommes au milieu d'une crise sociale très importante qui se mêle aujourd'hui à une crise morale. Il y a d'autant plus de nécessité de se rassembler à gauche.
Justement, que pensez-vous de la transparence telle que la suggère Hollande?
Le plan présenté par le président me semble assez équilibré. Je n'ai aucune objection à publier mon patrimoine, si cette publication est bien encadrée par la loi. Mais je ne le ferai pas à titre individuel. N'ayant rien à me reprocher, je n'ai pas d'excuse à présenter par avance. Mais, surtout, il est impératif de réfléchir au fonctionnement d'une République au XXIe siècle. Nous sommes arrivés au bout de la logique des institutions de la Ve République. Depuis le quinquennat et avec l'inversion du calendrier électoral, les institutions se sont déséquilibrées. Le président concentre l'ensemble des pouvoirs. Et l'exécutif n'est plus soumis au contrôle des élus représentant la nation. J'appelle à une réflexion profonde et citoyenne pour adapter les pouvoirs.
Cela rappelle la VIe République prônée par Mélenchon…
Ce n'est pas un problème de nom. Il faut accepter une profonde modernisation de nos institutions. Si ce n'est pas le politique qui dirige, d'autres pouvoirs le feront à sa place. Aujourd'hui, la Cour des comptes a plus de pouvoirs réels que la commission des finances de l'Assemblée, ce n'est pas normal. C'est cela, la vraie transparence.

Pascal Cherki: «Je n'appelle pas à un changement radical, mais à une inflexion.»
Pascal Cherki: «Je n'appelle pas à un changement radical, mais à une inflexion.» Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
INTERVIEW- Pascal Cherki est député socialiste de Paris. Il s'interroge sur le calendrier de la réduction de la dette.



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