dimanche 14 avril 2013

Mariage pour tous : le PS met en garde l'UMP contre une «radicalisation» du mouvement




La colère est montée d'un cran chez les opposants au mariage pour tous. Ulcérés par l'accélération du calendrier parlementaire du texte, qui reviendra dès mercredi à l'Assemblée après avoir été voté par le Sénat, ils étaient plusieurs milliers - 2300 personnes selon la police, 7500 selon les organisateurs - à défiler, vendredi soir, dans les rues de Paris. Certains appartenaient au mouvement traditionaliste Civitas. Des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les opposants. Une trentaine de personnes ont été interpellées pour vérification d'identité et une a été placée en garde à vue pour «violences volontaires».
Les opposants multiplient également les actions coup de poing en province. Samedi matin à l'aube, le député écologiste François de Rugy, a été réveillé par une quinzaine d'anti-mariage gay venus manifester bruyamment sous les fenêtres de son domicile, dans la banlieue nantaise. Il y a dix jours, la sénatrice UDI Chantal Jouanno, favorable au projet de loi, avait fait aussi les frais d'un réveil matinal devant son domicile parisien par une soixantaine de membres du «Printemps français», la frange la plus radicale du mouvement d'opposition au mariage pour tous.
Samedi après-midi, des opposants ont manifesté à Nantes, perturbant notamment un débat animé par la journaliste indépendante Caroline Fourest puis bloquant un TGV. Un homme a été placé en garde à vue. A Bordeaux, quelque 300 manifestants se sont rassemblés devant le domicile de la ministre déléguée aux Personnes âgées Michèle Delaunay.

La guerre des mots

Des méthodes musclées que la porte-parole du collectif «La manif pour tous», Frigide Barjot, a justifiées vendredi soir. «Une loi violente, qui va passer violemment, va provoquer de la violence», a-t-elle assuré sur BFM TV, dénonçant un «déni de démocratie». «Hollande veut du sang, il en aura!», a-t-elle encore lancé lors de la manifestation parisienne. Un vocabulaire martial, repris par un certain nombre de responsables politiques de l'opposition. Tandis que le député UMP Hervé Mariton évoquait un «coup d'Etat», son collègue Philippe Gosselin mettait en garde le gouvernement contre «une guerre civile». Des mots également prononcés par Christine Boutin. Dans un communiqué publié vendredi, le chef de file des députés UMP Christian Jacob prévenait de son côté que «le président de la République prend le risque d'une confrontation violente avec les Français» en bouleversant le calendrier parlementaire.
«Ces groupes fanatisés, ces groupes fascisants doivent être fermement condamnés»
Harlem Désir, premier secrétaire du PS
Des «termes inacceptables» selon Harlem Désir, qui a dénoncé la «complicité» de Christian Jacob avec les opposants les plus radicaux. «Ces groupes fanatisés, ces groupes fascisants doivent être fermement condamnés», a réagi le patron du PS en marge du conseil national du PS. «Au moment où le Sénat vient de se prononcer en faveur de la réforme du mariage pour tous, on entend des propos qui sont particulièrement préoccupants», a quant à lui assuré à la presse Jean-Marc Ayrault. «Je souhaite vraiment du fond du cœur que les responsables de l'UMP qui ont bien le droit de s'opposer à la politique du gouvernement, ne se laissent pas entraîner comme ils ont tendance à le faire dans la voie de la radicalisation qui serait dangereuse pour la République», a ajouté le premier ministre.


Jean-François Copé a réagi dans la soirée, en marge d'un déplacement à Lille. Le président de l'UMP, s'il «condamne la violence» des opposants, a refusé pour autant d'accorder «un blanc-seing pour un premier ministre qui fait un véritable coup de force en imposant la discussion de ce texte dès mercredi alors qu'elle était prévue beaucoup plus tard».
Une nouvelle manifestation contre le projet de loi était initialement prévue le 26 mai mais, suite à l'accéleration du calendrier, la date du rassemblement pourrait être avancée début mai.






Aucun commentaire: