mercredi 17 avril 2013

Manifestations contre le mariage pour tous à Versailles et Paris


Frigide Barjot, une des porte-parole de "La Manif pour tous", le 16 avril à Paris.

Quelques milliers d'opposants ont manifesté mardi 16 avril au soir à Versailles et Paris, pour demander le retrait du projet de loi ouvrant le mariage aux homosexuels. Ils répondaient à l'appel de la "Manif pour tous", qui a prévu des rassemblements tous les soirs près de l'Assemblée nationale, où les députés examinent à partir de mercredi le texte en seconde lecture.

Des forces de police avaient été déployées autour du bâtiment, et la circulation en partie interdite. Si la majorité du cortège parisien s'est dispersée peu à peu à partirde 21 h 30, une petite centaine d'irréductibles étaient toujours sur place vers minuit, après avoir monté une tente sur la pelouse devant les Invalides. Quelques députés UMP sont venus leur apporter leur soutien et leur demander de sedisperser. Devant leur refus, les CRS sont intervenus pour les pousser vers le métro. La manifestation était autorisée jusqu'à 22 heures. Une quarantaine de personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.
DÉTERMINÉS
Un peu plus tôt, d'autres protestataires s'étaient installés au milieu du quai d'Orsay, où ils avaient également planté une tente, avant d'être délogés sans incident par les CRS. Quelques jeunes au crane rasé ont brièvement crié"Occident, Occident", nom d'un groupuscule d'extrême-droite.
"L'objectif c'est d'être chaque jour plus nombreux et chaque jour plus bruyants, jusqu'à dimanche", avait dit plus tôt dans la soirée, au cours de la manifestation,Xavier Bongibeau, le président de Plus Gay Sans Mariage, qui dit représenter les homosexuels hostiles à ce projet de loi. Scandant "Hollande, ta loi, on n'en veut pas""Hollande démission" ou encore "Retrait immédiat du projet de loi", les protestataires, brandissaient drapeaux bleus, roses ou blancs de la Manif pour tous.
Hérissé de pancartes ("sauvons la famille PME, papa maman, enfant", ou encore"fabriquer des orphelins n'est pas un droit"), le cortège a mené grand tapage."Jusqu'au bout je dirai non à ce projet. Même si le projet passe, je continuerai àdire non", a confié Sylvain, 55 ans, qui refuse de préciser son nom de famille."Réveiller la conscience des gens, c'est une bonne chose. On était un peu mous, à se laisser prendre en charge par un Etat débordant" a jugé le quinquagénaire qui fait "du conseil en entreprises".
"HOLLANDE FASCISTE, DICTATURE SOCIALISTE"
A Versailles, dans les rangs des manifestants, qui étaient plusieurs milliers selon les organisateurs, de jeunes lycéens, des pères et mères de famille et des retraités scandaient : "On ne lâchera rien. Hollande fasciste, dictature socialiste".
"On ne nous annonce pas de référendum, nous n'avons pas eu de débat public. Cela cristallise les rancoeurs", a déclaré François De Mazières, maire de Versailles estimant que "le mouvement est et restera résolument pacifique"."Notre ville ne s'est jamais autant mobilisée. Il faut que le gouvernement nous entende", a-t-il ajouté. "Cela va péter. On a une bande de voyous au gouvernement et jamais l'adoption d'une loi n'a été autant bâclée", a renchéri Chantal, pharmacienne à Versailles depuis de nombreuses années.

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