lundi 29 avril 2013

Du "carré de combat" à l'union nationale, plusieurs recettes pour un remaniement


Les spéculations se multiplient autour d'un éventuel remaniement ministériel, auquel 61% de Français sont favorables. Mais quelle forme devrait avoir le nouveau gouvernement ? Chacun y va de son petit conseil.

Une réunion à Matignon (Paris) réunit plusieurs ministres du gouvernement de Jean-Marc-Aryault aux côtés de Louis Gallois ( à la droite du Premier ministre), commissaire à l'Investissement, à l'occasion de la remise du rapport sur la compétitivité, le 5 novembre 2012.
Une réunion à Matignon (Paris) réunit plusieurs ministres du gouvernement de Jean-Marc-Aryault aux côtés de Louis Gallois ( à la droite du Premier ministre), commissaire à l'Investissement, à l'occasion de la remise du rapport sur la compétitivité, le 5 novembre 2012. (PIERRE VERDY / AFP)


Changer de tête pour apporter un peu d'air frais, les Français y croient. 61% d'entre eux se disent favorables à un remaniement, selon un sondage BVA publié par Le Parisiendimanche 28 avril. Séquence politique difficile oblige, l'idée serait aussi de plus en plus étudiée au sommet de l'Etat, selon des sources proches de François Hollande.
Remanier, oui, mais comment ? Sur la forme que devrait prendre le nouveau gouvernement, qui pourrait être composé juste avant ou juste après l'été, chacun a son idée. Tour d'horizon des recettes qui circulent.

Le "carré de combat" pour affronter la tempête

En temps de crise, c'est l'idée qui fait consensus : le gouvernement devrait réduire la voilure, former un "carré de combat" capable de rester soudé dans la tempête, selon les mots d'un ministre. François Hollande lui-même pencherait pour cette option : "je garde Jean-Marc mais je resserre l'équipe", aurait-il déclaré en petit comité, selon Le Parisien.
La recette n'est pas nouvelle : pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à la veille du remaniement de 2010 ayant abouti à la formation du 3e gouvernement Fillon, les discussions, rapportées à l'époque par Le Figaro, évoquent également un gouvernement"resserré et de combat". Qui, avec 30 ministres, compte finalement un seul ministre de moins que le précédent.
Mais il est vrai que Jean-Marc Ayrault, s'il devait rester à son poste, a davantage de marge de manoeuvre : avec 37 ministres, son gouvernement est dans la fourchette haute de la Ve République.

L'union nationale pour pimenter la vie politique

Une autre idée fait parler d'elle : quitte à changer la composition, autant changer les ingrédients. C'est le concept de l'union nationale, mêlant dans un même gouvernement personnalités de droite et de gauche, prôné notamment par François Bayrou.
Il est vrai que le président du Modem a tout à y gagner : selon un sondage Ifop publié dimanche par le JDD, il serait la personnalité préférée par les Français pour entrer au gouvernement dans une telle configuration. Dans cette même enquête, pas moins de 4 Français sur 5 plébiscitent l'union nationale comme moyen de renouveler l'exercice du remaniement.
Problème : cette solution a surtout les faveurs de l'opposition. Michel Sapin, ministre du Travail, l'a exclue d'emblée dimanche au micro d'Europe 1 : "Ça n'existe pas en France, l'union nationale, a-t-il martelé. Aujourd'hui il y une majorité à gauche. (...) Elle a été élu pour agir. Un gouvernement d'union nationale, ce n'est pas efficace."
(Europe 1)

La société civile pour apporter un grain de sel

Comment, dans ces conditions, donner une impression de renouveau aux Français ? En faisant appel à des personnalités non issues du monde politique, plaident certains. "Je suis favorable à l'entrée de personnalités issues de la société civile, sans identité politique marquée", plaide ainsi Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l'Education de Jean-Pierre Raffarin, dimanche dans le Journal du dimanche"Des personnalités qui ont des compétences dans leur domaine", car elles seraient "mécaniquement plus courageu[ses] que les professionnels de la profession".
Le nom de Louis Gallois, commissaire général à l'investissement, auteur du rapport sur la compétitivité mais aussi ancien patron d'EADS, circule et a les faveurs des Français.
L'exercice ne serait pas inédit : on se souvient notamment de l'arrivée remarquée de Christine Lagarde, avocate issue du monde des affaires, à Bercy, ou encore du rôle donné à Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux Solidarités actives, par Nicolas Sarkozy.

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