lundi 15 avril 2013

Des heurts entre la Séléka et des habitants font plusieurs morts en Centrafrique


Des soldats de la Séléka, à Bangui, le 30 mars.

Plusieurs personnes ont été tuées samedi 13 et dimanche 14 avril à Bangui lors d'affrontements entre des habitants et des éléments de la coalition Séléka aupouvoir depuis le 24 mars, d'après des sources médicale, policière et des témoins. "On n'a pas tous les détails sur les victimes, mais d'après ce que nous avons vu, et les informations qui nous sont parvenues des autres formations sanitaires, on approche déjà 20 morts", a affirmé la morgue de l'hôpital communautaire de la capitale centrafricaine. La Croix rouge évoque également"plusieurs dizaines de blessés dans les deux arrondissements. Un bilan encore provisoire", selon une source policière.

D'après les forces de l'ordre, les heurts ont éclaté lors d'opérations de la Séléka pour retrouver des armes. Selon des témoins, les tirs ont fait fuir une partie de lapopulation du 7e arrondissement, un quartier donnant sur l'Oubangui que certains ont traversé pour se réfugier au Congo voisin. Le maire de l'endroit, Joseph Tagbalet fait partie des blessés et a été transporté à l'hôpital.
"Un élément du Séléka a ouvert le feu sur un jeune qui tenait le pousse-pousse (avec le corps à inhumer)" et qui est mort "sur le champ", a affirmé un chauffeur de taxi, Freddy, présent sur les lieux au moment de l'incident. "Cela a suscité la colère des membres du cortège et des habitants" du quartier, "des cris et des heurts ont suivi", a-t-il expliqué.
"PAS VENUS POUR EXTERMINER LE PEUPLE CENTRAFRICAIN"
Le président centrafricain Michel Djotodia, chef de la coalition Séléka, a accusé dimanche les partisans de l'ancien chef de l'Etat d'être à l'origine des heurts. "Des nostalgiques de l'ère Bozizé, à qui des armes et et des tenues ont été distribuées (...) ont assassiné nos hommes et sont allés jeter les corps à Ngaragba (quartier sud 7e arrondissement) pour mettre les habitants de Ngaragba dans le coup", a expliqué le nouveau dirigeant qui s'exprimait en sango à la radio nationale.
"C'est un groupe d'individus, les quelques rares qui tiraient profit de cette période, qui sont acquis à Bozizé, qui veulent pousser les Centrafricains à la guerre civile pour qu'ils s'entretuent. Mais les Centrafricains n'en veulent plus et ils ne sont pas prêts de s'entredéchirer", a-t-il ajouté. "Nous se sommes pas venus pourexterminer le peuple centrafricain. Parce que le peuple centrafricain a trop souffert sous Bozizé et c'est pour toutes ces raisons que la coalition Séléka est entrée à Bangui pour prendre le pouvoir. La Séléka a pris fait et cause pour le peuple, elle n'a aucune intention d'opprimer le peuple centrafricain".
119 MORTS DEPUIS MARS
Selon une source de la Croix rouge, quatre personnes sont mortes à Boy-Rabé, trois autres à Gobongo, deux quartiers du 4e arrondissement (nord de la capitale). Boy-Rabé avait déjà vécu des moments de tension la semaine dernière avec des échanges de coups de feu qui n'avaient toutefois pas fait de victimes.
D'après un bilan provisoire établi par la Croix-rouge centrafricaine avant les heurts de samedi et dimanche, les évènements liés à la prise de pouvoir ont fait 119 morts (civils, militaires et éléments de la Séléka confondus) et 456 blessés. Les anciens rebelles peinent à établir l'ordre dans Bangui depuis la prise de la ville le 24 mars et la fuite du président François Bozizé. Les pillages d'éléments incontrôlés de l'ancienne rébellion ou de bandits se poursuivent dans un climat de tension. Les habitants vivent dans la peur mais sont aussi excédés par l'insécurité et les pillages.

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