dimanche 28 avril 2013

Austérité : l'UMP et le PS s'écharpent sur la relation franco-allemande


Alors que le PS appelle à la "confrontation" avec Merkel, la droite fustige l'attitude de Hollande et de son parti vis à vis d'un partenaire important. Retour en quatre actes sur cette pAlain Juppé le 26 février 2013 à Bordeaux (Gironde).olémique. 


Appel à la "confrontation" d'un côté, mise en garde contre un "péril mortel" de l'autre : le Parti socialiste et l'UMP s'affrontent sur l'attitude à adopter vis-à-vis de l'Allemagne dans les discussions sur l'austérité. Samedi 27 avril, plusieurs voix se sont élevées à droite pour fustiger les critiques de la gauche, de plus en plus virulentes, sur la politique de rigueur budgétaire prônée par Angela Merkel.
Retour en trois actes sur un débat houleux.

Acte 1 : l'ambiance anti-austérité monte

Depuis quelques semaines, les voix se font de plus en plus nombreuses en Europe et ailleurs pour mettre en garde contre une austérité qui tend à plomber la croissance, et défendre des politiques alternatives.
L'une des plus notables est celle de de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, qui a déclaré lundi 22 avril que cette politique, tout en étant"juste"avait "atteint ses limites". Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a renchéri samedi 27 avril en déclarant que les gouvernements des pays de l'UE s'étaient "engagés beaucoup trop loin", dans une interview au quotidien belge L'Echo.

Acte 2 : le PS publie un texte critiquant l'Allemagne

Aux côtés de pays comme l'Espagne, la France plaide déjà pour un assouplissement des contraintes sur le retour à l'équilibre des comptes publics, fixées par le pacte budgétaire européen.
Mais le Parti socialiste voudrait aller plus loin. Dans un document préparé pour la convention sur l'Europe du parti et dont Le Monde a publié des extraits vendredi 26 avril, le PS invite la gauche européenne à "s'indigner" contre"les recettes qui ont conduit au pire", et pointe du doigt "l'intransigeance égoïste" d'Angela Merkel.
Claude Bartolone, président socialiste de l'Assemblée nationale, explique qu'il existe déjà une "tension" avec Berlin et se dit prêt à aller jusqu'à la "confrontation" s'il le faut pour faire fléchir les chantres de l'austérité.

Acte 3 : la droite accuse Hollande d'isoler la France

A droite, ces déclarations sont jugées irresponsable. Dans un entretien au Monde publié samedi 27 avril, Alain Juppé, ancien Premier ministre, juge le Parti socialiste met la France dans un "péril mortel" en choisissant de plaider contre l'austérité.
L'ancien ministre des Affaires étrangères estime que la France a déjà dégradé ses relations avec l'Allemagne en plaidant pour une approche mêlant rigueur budgétaire et relance. François Hollande "au début de son quinquennat [a eu] ce fantasme qu'il pourrait s'appuyer sur Mario Monti pour faire céder Angela Merkel. On voit le résultat : la confiance avec l'Allemagne est rompue et nous avons perdu tout crédit pour engager un dialogue musclé avec elle". "La France est totalement isolée", affirme Alain Juppé, tandis que Luc Chatel dénonce, sur Twitter, des "dérives germanophobes"
"Certaines attaques françaises contre Angela Merkel sont insensées", a twitté de son côté Michel Barnier, commissaire français chargé du Marché intérieur et des services financiers, par ailleurs membre de l'UMP. Et d'ajouter : "Aucune sortie de crise possible en Europe sans une coopération constructive entre la France et l'Allemagne."
Enfin, dans Le Figaro, c'est le président UMP de la commission des finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, qui s'inquiète : "L'Allemagne est en train de devenir le bouc émissaire de l'échec économique et social de François Hollande." 

Acte 4 : le PS modère son discours 

"Il s'agit d'un combat politique, pas d'une stigmatisation de telle ou telle personne", explique samedi 27 à l'AFP, Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire national du PS chargé des relations internationale qui a piloté la rédaction du texte. Selon lui, le texte a été amendé la veille par un organe interne du PS et "toutes les références à Merkel ont été gommées".
Interviewé sur RTL, il reconnaît qu'il "y avait des formules un peu violentes", "quelques formules [...] qui n'avaient pas lieu d'être". Ne reste, selon lui, "que l'allusion au couple 'Merkozy', le désaccord avec la droite allemande et les références au combat contre le PPE", le Parti populaire européen. 
Un peu plus tard, c'est Jean-Marc Ayrault qui tweete, en allemand et en français : "On ne résoudra pas les problèmes de l'Europe sans un dialogue intense et sincère entre la France et l'Allemagne." Et insiste : "L'amitié franco-allemande est indispensable pour redonner un nouvel élan au projet européen et trouver les voies du retour de la croissance.

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