lundi 15 avril 2013

Affaire Cahuzac : Moscovici "impatient" de s'expliquer devant la commission d'enquête


Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, le 4 avril.
"J'attends avec tranquillité, je dirais presque avec une certaine impatience depouvoir parler de mon action, d'expliquer les choses qui sont couvertes par le secret fiscal". Le ministre de l'économie Pierre Moscovici s'est de nouveau défendu sur BFMTV, dimanche 14 avril, au cours d'un débat sur l'affaire Cahuzac avec l'ancienne ministre UMP du Budget, Valérie Pécresse.
Il s'exprimait à propos des critiques dont il fait l'objet pour la manière dont Bercy a pris en charge l'affaire Cahuzac entre les premières révélations le 4 décembre de l'existence d'un compte à l'étranger et les aveux de l'ancien ministre délégué au budget le 2 avril. Se disant la "cible" de la droite ces derniers temps, M. Moscovici a ajouté à l'adresse de Mme Pécresse : "vous ne me croirez pas parce que vousn'aurez pas envie de me croire, ce n'est pas une attitude digne".
BERCY N'EST PAS UN "BIG BROTHER"
"Pensez-vous que l'administration fiscale, que vous avez dirigé, peut répondre à tout ça ? Est-ce qu'elle peut le faire en respectant la justice de son pays sansmener des enquêtes parallèles ?", a-t-il lancé à l'ancienne ministre, qui lui reprochait d'avoir agi avec "légèreté""Vous imaginez que Bercy, c'est un big brother qui sait tout sur tout le monde ? Non, il y a des procédures dans ce pays", avait insisté le ministre un peu plus tôt, estimant que "si on en avait fait plus, on serait en train de nous reprocher d'avoir mené une enquête parallèle".
Interrogé ensuite plus précisément sur le calendrier de l'affaire Cahuzac, M. Moscovici s'est encore défendu. Le 14 décembre, sur demande du ministre de l'économie, le fisc adresse un courriel à M. Cahuzac lui demandant s'il a effectivement un compte à l'étranger. "D'après ce que je sais, il avait répondu qu'évidemment pas, qu'il allait répondre, eh ben il ne l'a pas fait", a raconté M. Moscovici.
"Après 30 jours, on entre dans la possibilité d'avoir des procédures internationales, et dix jours après - est-ce que vous pensez que c'est sans lien ? -, nous allons vers la Suisse (...) comme il n'y avait pas réponse de sa part". Le ministre de l'économie et l'administration fiscale sont soupçonnés, notamment par l'opposition, d'avoir joué la montre dans cette affaire afin de couvrir M. Cahuzac, ce que M. Moscovici dément "avec force" depuis quatre jours.

Aucun commentaire: