mercredi 6 mars 2013

Une centaine de députés libyens assiégés par des manifestants

La loi sur le "bannissement politique" des anciens collaborateurs du régime Kadhafi pourrait exclure l'actuel premier ministre libyen, Ali Zeidan.

Plus d'une centaine de députés libyens étaient bloqués, mardi 5 mars dans la soirée, dans un bâtiment à Tripoli par des protestataires qui voulaient les obliger àvoter une loi sur "le bannissement politique" des anciens collaborateurs du régime déchu.

Selon un élu, Mohamed Bagi, "les membres du Congrès général national [CGN] ont décidé de reporter le vote ultérieurement pour finaliser les amendements de cette loi. Mais les manifestants exigeaient que la loi soit adoptée aujourd'hui". "Le CGN est en pourparlers actuellement avec les protestataires (...) pour lesconvaincre de laisser partir les députés", a-t-il dit.
Selon Radio Zone et la chaîne de télévision Libya Al-Ahrar, un député, Jomaa Al-Sayeh, a été rattrapé puis agressé par la foule après avoir tenté de fuir les lieux.
LE PREMIER MINISTRE LUI-MÊME EST MENACÉ PAR LA LOI
L'Assemblée nationale a récupéré mardi ses locaux, gravement endommagés par l'occupation, depuis près d'un mois, par d'ex-rebelles blessés durant la révolution ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi, en 2011. Cependant, la réuniondes députés avait lieu dans un autre bâtiment.
Proposé en décembre pour exclure de la vie politique les anciens responsables du régime de Kadhafi et leurs collaborateurs, le projet de loi concerne les personnalités qui seraient impliquées dans des crimes de sang, de torture, des actes de corruption financière et administrative commis sous l'ancien régime. Il a provoqué des remous au sein de la classe politique eu égard au risque d'exclureplus de trente membres de l'assemblée et actuels dirigeants du pays dont le président du CGN, Mohamed Al-Megeryef, et le premier ministre, Ali Zeidan.
Les travaux de l'assemblée ont été perturbés à plusieurs reprises par des manifestants, parfois armés, protestant contre une décision du CGN ou contre le gouvernement. La sécurité des lieux et des députés a été maintes fois discutée, sans qu'une solution ait été trouvée.

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