lundi 4 mars 2013

#montebourg #batho Pourquoi le gouvernement est divisé sur le diesel

Une femme fait le plein de diesel, le 25 janvier 2012, à Pont-l'Abbé (Finistère).
Une femme fait le plein de diesel, le 25 janvier 2012, à Pont-l'Abbé (Finistère).
(FRED TANNEAU / AFP)

"Le gouvernement, c'est une équipe, chacun est à sa place", a affirmé Delphine Batho, dimanche 3 mars. La ministre de l'Ecologie a défendu une augmentation de la fiscalité sur le diesel, notamment pour des raisons de santé publique, suscitant l'inquiétude de son collègue Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif a affirmé, dimanche, qu'une telle mesure mettrait en danger le "made in France" automobile. Francetv info revient sur cette bataille de positions au sein du gouvernement.

Comment le débat est apparu

Dans un rapport daté du 1er mars, la Cour des comptes a remis en cause le régime fiscal dérogatoire dont bénéficie le carburant préféré des Français, qui représente 80% de la consommation en France. Il existe un écart important de taxation entre l'essence (0,6 centime le litre) et le gazole (0,42 centime). Selon l'instance, le coup de pouce au diesel retarde la transition énergétique et, surtout, occasionne un manque à gagner important pour l'Etat.

Comment la ministre de l'Ecologie s'en est emparée

Interpellée à ce sujet par la Cour des comptes, la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, y voit "un problème de santé publique". Le diesel est responsable de l'émission de particules fines et du gaz Nox, comme elle l'a affirmé, dimanche, sur France 3.



Pour elle, la solution passe, comme le recommande les Sages de la rue Cambon, par une hausse de la fiscalité sur le diesel. Cette mesure devrait alors être marquée par une"progressivité" pour ne pas nuire au pouvoir d'achat des Français. Le 21 février, elle avait déjà jugé cette hausse "incontournable".

Pourquoi Arnaud Montebourg s'en inquiète

"Utiliser le diesel comme source de financement de l'Etat n'est vraiment pas la bonne politique", a affirmé dimanche le ministre du Redressement productif. "Notre souhait est de trouver une formule qui n'attaque pas le diesel, car attaquer le diesel, c'est attaquer le made in France", a-t-il ajouté dans le cadre du "Grand Rendez-vous" Europe 1/i-télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.


Il s'inquiète d'une éventuelle mesure de type "prime à la casse", que propose Delphine Batho, car "ça a été une drogue qui a précipité nos constructeurs" français au profit des marques étrangères. Arnaud Montebourg a préféré évoquer une "prime à la conversion",assurant qu'un travail gouvernemental était "en cours", sans donner plus de détails.

Qui aura le dernier mot ?

"Arnaud Montebourg est dans son rôle de ministre de l'Industrie et c'est le Premier ministre qui tranchera", a estimé dimanche Delphine Batho. Matignon s'est ensuite exprimé sur le sujet, affirmant qu'une hausse de la taxation du diesel était "une piste de travail", selon un conseiller. "En tout état de cause, aucune mesure de fiscalité écologique ne saurait être mise en oeuvre avant la prochaine loi de finances 2014", a-t-il tempéré. Avant toute décision, le gouvernement attend "les recommandations" du comité sur la fiscalité écologique créé en septembre dernier.

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