mardi 5 mars 2013

L'affaire "Andrieux" ou le clientélisme politique marseillais

Le procès de la députée PS Sylvie Andrieux, soupçonnée par la justice d'avoir mis en place un système de subventions d'associations fictives dans un but clientéliste, débute ce lundi. L'affaire est en passe de révéler l'étendue d'une pratique répandue chez les élus de la région. 


L'affaire "Andrieux" ou le clientélisme politique marseillais
Sylvie Andrieux est soupçonnée par la justice d'avoir financé des associations fictives dans son secteur pour conforter son assise électorale.

Le dossier "Andrieux" vient s'ajouter à celui de l'"affaire Guérini", déjà lourd pour le PS. Ce lundi marque l'ouverture du procès de la députée socialiste des Bouches-du-Rhône- traduite en justice pour détournement de fonds publics -et le début d'une traversée au coeur d'un obscur système, celui du clientélisme politique qui arrosait les quartiers Nord de Marseille.  
Sylvie Andrieux est soupçonnée par la justice d'avoir financé des associations fictives dans son secteur pour conforter son assise électorale. Par le biais de ses pouvoirs de vice-présidente du conseil régional Paca, l'élue socialiste aurait, en toute connaissance de cause, présenté au vote du Conseil régional des dossiers de demandes de subventions pour de fausses associations, créées avec l'unique objectif de rétribuer des personnes l'ayant aidée à s'implanter et à se faire élire dans certains quartiers. Au total, 22 personnes sont mêlées à la fraude.  

Une pratique ancienne et répandue

L'affaire n'est pas sans rappeler le lourd dossier "Guérini", dans lequel l'ancien président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône s'est vu en mis examen pour prise illégale d'intérêts, trafic d'influence et association de malfaiteurs dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux à Marseille, en septembre 2011. Et ce n'est peut-être pas un hasard. Car si le procès qui s'engage à de quoi embarrasser le PS dans le département, c'est en partie parce qu'il est en passe de réveler l'étendue d'une pratique répandue dans la sphère politique de la région. L'affaire "Andrieux" pourrait n'être que la face visible d'un système supposé de fraude à travers lequel une poignée d'élus régionaux s'assurait la sauvegarde de leurs intérêts électoraux à coups de saupoudrages de subventions. 
La pratique ne serait pas nouvelle, et ne concernerait pas que la gauche. C'est du moins ce que rapporte le journaliste Olivier Bertrand, correspondant à Marseille pour Libération, qui cite - entre autres- le cas du président du Conseil régional Jean-Claude Gaudin. En 1992, l'élu UMP aurait négocié l'abstention socialiste avec Sylvie Andrieux pour faire passer certains dossiers. Et cela en échange d'enveloppes financières. De là, à ce que ce procès tourne au grand déballage...

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