mardi 5 mars 2013

«Chavez, où es-tu?» chavez transféré dans une enceinte protégée d’une île des Caraïbes.

 

(Caracas) La tension a monté d'un cran hier à Caracas, lorsque des centaines de manifestants anti-Chavez sont descendus dans la rue pour réclamer des preuves que leur président est toujours vivant et aux commandes du pays.
«Nous voulons la vérité», «Chavez, où es-tu?», scandait la foule. D'autres brandissaient des pancartes arborant un message sans équivoque: «Non à l'influence de Cuba».
Dispersés à travers la foule, des jeunes munis de pelotes de corde synthétique attachaient les poignets de manifestants en guise d'appui à la cinquantaine d'étudiants enchaînés les uns aux autres depuis mardi en plein milieu d'une rue du quartier Chacao.
«Ce que nous voulons savoir, dit l'étudiante Ana Karina Garcia, c'est si le président, qui a été élu le 7 octobre 2012 et qui n'a pas encore prêté serment, peut ou ne peut pas gouverner.»
La dernière fois que les Vénézuéliens ont vu leur président, c'est il y a presque trois mois, alors qu'Hugo Chavez retournait à Cuba pour subir une quatrième opération pour un cancer dans la région pelvienne.
Trop souffrant pour prêter serment le 10 janvier, comme le prévoit la Constitution, El Commandante a obtenu du tribunal suprême de justice que la cérémonie ait lieu à une date ultérieure.
Hugo Chavez est rentré au Venezuela en catimini le 18 février et serait soigné dans un hôpital militaire de Caracas.
Des partisans d'Hugo Chavez ont également manifesté dans... (PHOTO  LEO RAMIREZ, AFP) - image 2.0
Des partisans d'Hugo Chavez ont également manifesté dans la capitale vénézuélienne, le 3 mars, pour lui témoigner leur soutien.
PHOTO LEO RAMIREZ, AFP
Au cours des derniers jours, sous la pression populaire, le numéro deux du gouvernement, Nicolas Maduro, a affirmé qu'Hugo Chavez respirait toujours par intubation trachéale, qu'il était incapable de parler, mais qu'il avait repris ses traitements de chimiothérapie et qu'il continuait de diriger le pays par notes manuscrites.
«Il est apte à gouverner, mais il est incapable de se montrer à la fenêtre, ne serait-ce que pour dire au peuple: «Voilà, je suis là!»», ironise l'étudiant Donato Tricaste, lui-même incapable de bouger en raison des chaînes qui le retiennent.
Tout autour de lui, des dizaines de pancartes et de casquettes arborant le message «Je suis le Venezuela» s'ajoutent, au fur et à mesure que les manifestants viennent se joindre aux étudiants enchaînés, initiateurs de ce mouvement de protestation.
Un contraste avec les pancartes «Je suis Chavez» que brandissent des centaines d'étudiants chavistes, réunis au même moment sur la Plaza O'Leary, à quelques rues du palais présidentiel, pour un rassemblement d'appui à leur président.
Vêtus des fameux chandails rouges du parti socialiste, les jeunes dansent et chantent leurs louanges à l'homme fort du Venezuela.
«Nous n'avons pas perdu espoir, s'exclame Isbet Arocha. Nous croyons que Dieu va le guérir et qu'il sera notre président pour encore longtemps.»
Si Hugo Chavez mourait ou démissionnait par incapacité de gouverner, une élection présidentielle devra être organisée dans les 30 jours.
Le vice-président Nicolas Maduro affronterait vraisemblablement Henrique Capriles, lui-même défait par Hugo Chavez en octobre dernier.
L'opposition croit-elle aussi que le gouvernement ment sur l'état de santé du président en faisant croire qu'il est apte à gouverner pour gagner du temps?
«Nous aurons des élections présidentielles dans notre pays, c'est une réalité», a déclaré la députée de l'opposition Maria Corina Machado devant les caméras de télévision, avec une poignée d'étudiants enchaînés planqués derrière elle en guise de décor.
«Quoi qu'en dise le gouvernement cubain à travers leurs marionnettes vénézuéliennes.»
À en croire le Vénézuélien modéré, le mystère entourant l'état de santé réel d'Hugo Chavez est en train de diviser encore davantage un pays déjà polarisé, où l'on craint maintenant des affrontements.
Vêtue de son habit blanc, croix du Christ au cou, la coiffe recouverte d'une casquette aux couleurs du Venezuela, soeur Maria Ramirez Garcia Esperenza se tient en retrait de la manifestation, l'air découragé.
«Je n'appartiens à aucun parti, dit la religieuse salésienne, mais les étudiants nous ont appelés pour cette manifestation parce que nous voulons un pays pour tout le monde. Notre vice-président depuis peu nous insulte quotidiennement et cette situation d'incertitude ne peut pas continuer.»

 

 

Alors que le gouvernement confirme que le président vénézuélien subit des traitements de chimiothérapie, des manifestants demandent «la vérité» sur son état de santé

Un enfant tient une affiche d’Hugo Chávez. Le président vénézuélien n’a pas reparu en public depuis environ trois mois.
Photo : Agence France-Presse Juan BarretoUn enfant tient une affiche d’Hugo Chávez. Le président vénézuélien n’a pas reparu en public depuis environ trois mois.
Caracas – Le gouvernement vénézuélien a révélé, pour la première fois, que le président Hugo Chávez subit des traitements de chimiothérapie alors qu’il poursuit de lutter pour sa vie depuis sa quatrième chirurgie contre le cancer.

Le vice-président du Venezuela, Nicolas Maduro, a affirmé, que les médecins avaient amorcé les traitements à la mi-janvier après que le président se soit remis d’une infection respiratoire qui avait suivi l’opération du 11 décembre à Cuba.

Manifestations

Malgré cette annonce, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale du Venezuela, dimanche, exhortant le gouvernement à donner des détails sur la santé du président souffrant Hugo Chávez.

Des manifestants brandissant des drapeaux vénézuéliens scandaient « Dites la vérité ! » alors qu’ils marchaient à travers l’est de Caracas. Ils accusaient les responsables gouvernementaux de cacher les détails de l’état de M. Chávez.

Les marcheurs de dimanche se sont joints à des étudiants universitaires qui s’étaient enchaînés les uns aux autres près d’un bureau de la Cour suprême. Les étudiants demandent que les autorités donnent une mise à jour complète de l’état de santé de M. Chávez et pressent les juges de décider s’il est assez en santé pour rester en poste.

« Nous allons rester ici jusqu’à ce que (le gouvernement) dit la vérité, jusqu’à ce qu’il donne une explication sur son état de santé et nous informe s’il est en condition de gouverner », a lancé Johan Gomez, un étudiant de 23 ans qui avait enroulé des chaînes autour de ses bras et de sa taille.

Nicolas Maduro a accusé les opposants du gouvernement de propager de fausses rumeurs sur Hugo Chávez afin de déstabiliser le pays.

L’opposition estime que M. Chávez devrait prêter serment pour son nouveau mandat ou se déclarer incapable d’assumer ses fonctions et déclencher une nouvelle élection présidentielle. En vertu de la Constitution, il aurait dû prêter serment le 10 janvier, mais la Cour suprême a estimé que l’investiture pouvait être repoussée.

M. Maduro s’est attaqué au journal espagnol ABC et au réseau colombien Caracol pour avoir supposément propagé des rumeurs sur l’état du président. ABC a déclaré, sans citer ses sources, que le cancer de M. Chávez s’était répandu à un poumon et qu’il avait été transféré dans une enceinte protégée d’une île des Caraïbes.

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