samedi 23 février 2013

Tunisie. Qui est Ali Larayedh, le nouveau Premier ministre ?

Ali Larayedh, alors ministre de l'Intérieur tunisien, répond à des journalistes, à Sidi Bou Saïd (Tunisie), le 13 janvier 2013.
Ali Larayedh, alors ministre de l'Intérieur tunisien, répond à des journalistes, à Sidi Bou Saïd (Tunisie), le 13 janvier 2013.
(FETHI BELAID / AFP)

Alors que Hamadi Jebali a refusé d'être reconduit au poste de Premier ministre enTunisie, l'actuel ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, a pris le poste de chef du gouvernement, vendredi 22 février. Le président tunisien, Moncef Marzouki, a accepté cette candidature proposée par Ennahda, le parti islamiste au pouvoir. Le Premier ministre sortant, Hamadi Jebali, a démissionné mardi après avoir échoué à former un gouvernement de technocrates en raison de l'opposition d'Ennahda. Qui est le nouveau Premier ministre tunisien ? Voici quelques éléments de réponse. 

Un ancien opposant passé par la prison

Ali Larayedh a été arrêté une première fois en 1987 et condamné à mort quelques mois avant que Zine El Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba, le père de l'indépendance tunisienne. Ben Ali a ensuite gracié les islamistes menacés d'exécution. Il est de nouveau arrêté en 1990, puis condamné deux ans plus tard à 15 ans de prison dont 13 à l'isolement.
Il subit tortures et pressions. Le régime menace de lui inoculer le virus du sida et diffuse des montages vidéo à caractère pornographique le mettant en scène avec un autre homme afin de le discréditer. Son parti triomphe en octobre 2011, lors les premières élections libres de l'histoire de la Tunisie. Il devient alors ministre de l'Intérieur et se retrouve à la tête des services dont dépendaient ses bourreaux.

Un islamiste modéré, ouvert au dialogue

Pour Mohamed Kerrou, professeur de politique comparée à l'université de Tunis-El Manar, interrogé par francetv info, le choix du parti Ennahda a du sens. "Ali Larayedh a, comme Hamadi Jebali, le sens de l'Etat. Il a été à l'épreuve du pouvoir, il a la responsabilité de la sécurité intérieure du pays et, même s'il a commis des bavures, il a été le premier à parler de guerre contre les mouvements salafistes." 
Ali Larayedh, alors ministre de l'Intérieur, assiste au premier congrès du parti Ennahda en Tunisie depuis 24 ans, le 16 juillet 2012 à Tunis. 
Ali Larayedh, alors ministre de l'Intérieur, assiste au premier congrès du parti Ennahda en Tunisie depuis 24 ans, le 16 juillet 2012 à Tunis. 
(FETHI BELAID / AFP)
Ali Larayedh est considéré comme un homme de dialogue appartenant à la frange modérée du parti islamiste, tout comme le Premier ministre démissionnaire, Hamadi Jebali. Les chefs de l'opposition laïque évoquent son ouverture d'esprit par rapport à d'autres dirigeants islamistes de sa génération.

Un ministre ciblé par de nombreuses critiques

Ses quatorze mois passés au ministère de l'Intérieur laissent un bilan mitigé. Ali Larayedh a régulièrement été accusé de laxisme face à l'essor d'une mouvance salafiste violente. Le 14 septembre 2012, il lui a été reproché d'avoir déployé un dispositif de sécurité trop léger autour de l'ambassade des Etats-Unis, alors que les islamistes radicaux appelaient à manifester devant le bâtiment. Les manifestants avaient pu pénétrer dans l'enceinte et incendier le parking ainsi que l'école américaine voisine. Quatre assaillants avaient été tués par les policier

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