Le parquet de Bruxelles va demander à la chambre du conseil de renvoyer sept ex-administrateurs de l’ex-holding Fortis et Fortis Banque devant le tribunal correctionnel car ils auraient mal informé les actionnaires sur la situation du groupe au moment du rachat d’ABN Amro. Ils auraient présenté la situation sous un jour trop favorable. Le parquet de Bruxelles va par contre demander le non-lieu pour Ageas, qui a succédé au holding, et BNB Paribas Fortis, a indiqué le parquet mardi soir.
Le parquet ne précise pas qui il souhaite renvoyer devant le tribunal mais tout semble indiquer qu’il s’agit des sept personnes inculpées par le juge d’instruction Jeroen Burm, soit l’ancien président Maurice Lippens, l’ancien CEO Jean-Paul Votron, son successeur Herman Verwilst, l’ancien directeur financier Gilbert Mittler, son ancien bras droit Lars Machenil, l’ancien responsable de la banque d’affaires Filip Dierckx et l’ancien directeur de risques Reginald De Gols.
Le parquet ne communiquera que mercredi matin les chefs d’inculpation et expliquera alors également la décision de non-lieu demandée pour Ageas et BNP Paribas.
«Il est très étonnant que le parquet ne souhaite poursuivre que des individus et non pas les ’deep pockets’ qui ont bénéficié des fautes de ces derniers, et pour lesquels ceux-ci agissaient, à savoir Ageas (ex-Fortis) et BNP Paribas Fortis (ex-Fortis Banque)», réagit mardi soir l’avocat Laurent Arnauts, qui défend quelque 1.200 actionnaires de l’ex-groupe Fortis.
Me Arnauts considère comme «très positif que le parquet partage la vision des parties civiles, selon lesquelles il est en effet question de possibles manipulations de cours et/ou escroquerie dans ce dossier, et souhaite à ce titre poursuivre pénalement un certain nombre de hauts responsables».