lundi 25 février 2013

Les vacances d'été, dernier couac d'une longue liste pour le gouvernement Ayrault

Les ministres se réunissent pour la photo de famille du gouvernement, le 4 juillet 2012 à l'Elysée.
Les ministres se réunissent pour la photo de famille du gouvernement, le 4 juillet 2012 à l'Elysée.
(WITT / SIPA)

En matière de communication, le début de l'hiver avait semblé bien réussir au gouvernement. Depuis fin octobre, la majorité avait réussi à soigneusement éviter les couacs, si raillés dans les premiers mois du mandat de François Hollande. L'intervention au Mali avait même permis au chef de l'Etat et à son Premier ministre deconnaître une embellie dans les sondages de popularité.
Las, avec l'arrivée de l'année 2013, les cafouillages ont fait leur retour. Dernier en date : la vraie-fausse annonce du ministre de l'Education, Vincent Peillon, de sa volonté deréduire progressivement les vacances d'été à six semaines. Francetv info a dressé la liste des sujets de division de l'équipe Ayrault depuis le début du quinquennat.

24 février : Peillon veut raccourcir les vacances d'été, enfin, dans l'idéal...

C'est le dernier couac en date : le 24 février 2013, durant une émission télévisée, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, juge qu'il serait "idéal" de raccourcir les vacances d'été à six semaines. Puis rétropédale, quelques minutes plus tard, en affirmant n'avoir "jamais dit" vouloir réduire les congés estivaux. De son côté,Matignon répond à l'AFP que "cette piste n'est pas à l'ordre du jour".

3 février : la procréation médicalement assistée fait cafouiller le gouvernement

Interrogée sur la position du gouvernement au sujet de l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes homosexuelles, dimanche 3 février, Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille, indique que cette proposition sera abordée dans le cadre de la loi sur la famille, "avant fin 2013". Une déclaration fracassante, puisque jusqu'alors, l'exécutif évoquait l'organisation d'un débat fin mars. Quelques minutes plus tard, depuis le Cambodge, Jean-Marc Ayraultdésavoue sa ministre. Il laisse entendre que le débat pourrait être encore repoussé, en fonction de la date à laquelle le Comité consultatif national d'éthique se prononcera à ce sujet.
Ce double changement de cap agace les parlementaires socialistes, qui menacent alors de proposer le vote de la PMA quelle que soit la position du gouvernement sur la question. Au terme de 24 heures de tensions et de cafouillages, Jean-Marc Ayrault finit par trancher, lundi 4 janvier au matin : le gouvernement proposera une loi sur la famille qui comprendra des dispositions sur la PMA... avant la fin de l'année.

30 janvier : la circulaire Taubira parasite le débat sur le mariage pour tous

Au lendemain de l'ouverture de l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, Le Figaro révèle, mercredi 30 janvier, l'existence d'une circulaire publiée par le ministère de la Justice, qui recommande d'accorder le certificat de nationalité aux enfants nés d'un père français et d'une mère porteuse à l'étranger. Tout au long de la journée, la droite accuse Christiane Taubira de vouloir "légaliser en catimini" la gestation pour autrui (GPA). La principale intéressée dément tout cafouillage, mais les députés de la majorité sont moins tendres, et dénoncent un "mauvais timing" de la part de la garde des Sceaux.


29 janvier : le vrai-faux retour du droit de vote des étrangers

Personne ne s'y attendait. Alors que la guerre au Mali et l'ouverture des débats autour du mariage pour tous à l'Assemblée naitonale focalisent l'attention, les conseillers de Jean-Marc Ayrault glissent mardi 29 janvier à des journalistes que le Premier ministre va prendre "une initiative imminente" en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales. L'attente est d'autant plus importante que l'on croyait la promesse enterrée, faute de majorité des 3/5e au Parlement.
Mais la fameuse initiative n'a rien de fracassant : il s'agit d'une simple consultation des groupes parlementaires sur ce sujet. Le porte-parole des députés PS déplore une annonce "survendue", "qui n'en est pas une d'ailleurs puisqu'elle était prévue de longue date !".  

9 janvier : Lamy déterre les récépissés pour lutter contre les contrôles aux faciès

C'est un peu le couac-boomerang, qui revient lorsque l'on ne s'y attend pas. Alorsqu'en  octobre et en décembre, Cécile Duflot et Benoît Hamon s'étaient tour à tour fait sèchement recadrer par Manuel Valls pour avoir proposé "l'expérimentation"des récépissés lors des contrôles de police, François Lamy remet le sujet sur la table mardi 8 janvier.
Lors de la présentation de ses vœux aux habitants de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le ministre de la Ville déclare qu'il s'agit de "l'un des outils possibles de lutte contre les contrôles d'identité à répétition et au faciès". L'opposition ne se fait pas prier et dénonce un "couac" qui traduit "les vieux réflexes flicophobes socialistes".
30 octobre : Jean-Marc recadre Ayrault au sujet du retour à la semaine des 39 heures
Dans Le Parisien, le 30 octobre, Jean-Marc Ayrault explique qu'il n'y a "pas de sujet tabou" quant à un retour à la semaine des 39 heures. "Pourquoi pas ?", ajoute-t-il. Mais dans la foulée, le ministre du Travail, Michel Sapin, rétorque qu'"il ne faut pas supprimer les 35 heures". Et aussitôt, le Premier ministre corrige sur France Info ses propres propos, assurant qu'"il n'est pas question de revenir sur les 35 heures". Trop tard : la droite a déjà saisi la balle au bond, se disant prête à "ouvrir immédiatement" le dialogue avec le gouvernement.
24 octobre : Ayrault annonce une décision que le Conseil constitutionnel n'a pas encore prise
Mercredi 24 octobre, Jean-Marc Ayrault annonce l'annulation de la loi sur le logement social par le Conseil constitutionnel. Problème : les Sages de la rue Montpensier n'ont pas pas encore pris leur décision. L'examen du texte est prévu quelques heures plus tard. Matignon évoque une "anticipation" de la décision, mais le Premier ministre se faitrecadrer par le chef de l'Etat : "Ce n'est pas à toi de le dire. Tu es Premier ministre. Le Conseil constitutionnel est une autorité indépendante", lance François Hollande à Jean-Marc Ayrault, selon les propos rapportés par un conseiller au JDD
16 octobre : Cahuzac désavoué sur l'élargissement de la redevance télévisée aux résidences secondaires
Le 14 octobre, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, explique que "le gouvernement est favorable à un amendement parlementaire" sur l'élargissement de la redevance téléaux résidences secondaires. L'idée a d'ailleurs reçu le soutien de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Mais deux jours plus tard, patatras : le même JérômeCahuzac explique qu'il n'est finalement "pas certain" que le gouvernement soutienne cette voie. Au même moment, Jean-Marc Ayrault confirme que cette idée n'est "pas la position du gouvernement"
16 octobre : divergences sur la taxation des œuvres d'art
Les discussions autour du budget de l'Etat pour 2013 suscitent d'autres remous. Alors que le 10 octobre, la commission des Finances de l'Assemblée nationale adopte à une large majorité un amendement visant à inclure les œuvres d'art d'une valeur de plus de 50 000 euros dans le calcul de l'ISF, Jean-Marc Ayrault assure le 16 octobre que le gouvernement est radicalement opposé à cette disposition pourtant proposée par des députés socialistes.
15 octobre : Peillon recadré sur la dépénalisation du cannabis
Ministre de l'Education, Vincent Peillon sait bien qu'en plaidant en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis, dimanche 14 octobre, il risque fort de ne pas se faire que des amis.
Le retour de flamme ne tarde pas : alors que l'UMP crie au scandale, Jean-Marc Ayrault est contraint de jouer au pompier de service, affirmant que "les ministres doivent défendre à la fois la politique de leur ministère et la politique du gouvernement, et rien d'autre". Et selon plusieurs médias, François Hollande décroche personnellement son téléphone pour adresser à Vincent Peillon "une engueulade maîtrisée"
14 octobre : Bartolone juge "absurde" la règle des 3% de déficit décrétée par Hollande et Ayrault
Claude Bartolone, lui, ne s'est pas fait "engueuler" publiquement, mais sa sortie au sujet du retour à 3% de déficit public en 2013 n'a guère été appréciée par le couple exécutif. Dimanche 14 octobre, le président socialiste de l'Assemblée nationale a en effet expliqué qu'à ses yeux, cette règle prônée par François Hollande a "un côté absurde". Aussitôt, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, tente de corriger le tir. Pour lui, Claude Bartolone a voulu exprimer une tâche ardue : "Moi, j'estime que 'absurde', ça veut dire 'difficile'








12 octobre : l'Elysée et Matignon se contredisent sur le dossier des traites négrières
Deux jours plus tôt, c'est François Hollande et Jean-Marc Ayrault qui semblent s'opposer en personne, au sujet d'éventuelles "réparations" financières que la France pourrait engager avec l'Afrique au sujet des traites négrières. Alors que le chef de l'Etat assure que la question n'a pas lieu d'être, le site Mediapart (article payant) révèle queMatignon est pourtant "très ouvert" à une telle option. "La reconnaissance morale devrait suffire", insiste François Hollande, cité par Le Monde.
12 octobre : le patron des députés PS en désaccord avecAyrault sur la procréation médicalement assistée
Le même jour, Jean-Marc Ayrault est aussi en désaccord sur un tout autre sujet avec le patron du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux : ce dernier souhaite en effet que la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples d'homosexuelles soit proposée en même temps que l'ouverture du mariage aux gays et aux lesbiennes. Mais Matignon y est défavorable. Le tout donnant l'impression que les socialistes disent, sur ce sujet, tout et son contraire, comme l'explique sur son blog notre journaliste Vincent Daniel.
9 octobre : 29 députés PS refusent de voter le traité budgétaire européen
Jean-Marc Ayrault a eu beau remuer ciel et terre pendant tout le mois de septembre pour que les députés socialistes votent d'un seul homme le traité budgétaire européen, il n'est pas parvenu à ses fins. Pas moins de 29 d'entre eux ont refusé de s'exécuter, mardi 9 octobre, suscitant de nouveaux doutes sur l'autorité du chef de la majorité.


17 septembre : Valls juge que le droit de vote des étrangers n'est pas "une revendication forte"
Alors que 75 députés PS rappellent dans une lettre ouverte à François Hollande sa promesse d'instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, fait part de ses réticences sur ce sujet. "Est-ce que c'est aujourd'hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d'intégration ? Non", affirme-t-il dans Le Monde"C'est une nécessité, (...) ce sera fait l'année prochaine", réplique  la ministre du Logement, Cécile Duflot.
31 août : Montebourg reproche à Moscovici le choix du conseiller de la future banque des PME
Quelques jours plus tôt, deux autres ministres se sont eux aussi écharpés en public. Il s'agit du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui reproche à son collègue Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, d'avoir choisi le banquier MatthieuPigasse pour conseiller la future Banque publique d'investissement (BPI). Car Pigasseest aussi propriétaire des Inrocks, qui a pour rédactrice en chef la compagne de Montebourg, Audrey Pulvar. De quoi alimenter des soupçons de conflits d'intérêts.
26 août : Montebourg suscite un tollé à gauche en affirmant que "le nucléaire est une filière d'avenir"
Fin août également, le même Arnaud Montebourg s'attire les foudres des écologistes, en déclarant qu'à ses yeux, "le nucléaire est une filière d'avenir". Soucieux de calmer les esprits, le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline, assure que le ministre a donné son "sentiment personnel", et que sa déclaration n'engage pas le gouvernement. L'UMP dénonce aussitôt une "cacophonie incroyable"





11 juillet : Valls enterre les récépissés promis par Ayraultpour lutter contre les contrôles au faciès
"C'est une mesure qu'on va faire." Sur BFM TV, le 1er juin, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, assure que le projet de remettre des récépissés lors des contrôles d'identité pour lutter contre les contrôles au faciès est en cours. Mais un mois plus tard, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, fait savoir que l'idée en question est abandonnée, trop compliquée à mettre en place selon lui.
13 juin : imbroglio autour de la remise en cause de certains forages pétroliers en Guyane
Mi-juin, alors ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq annonce la "remise à plat" des permis de forage exploratoires de Shell au large de la Guyane française. Si les ONG environnementales saluent cette décision, le groupe pétrolier fait part de sa stupéfaction. Mais quelques jours plus tard, Shell est finalement autorisé à poursuivre sa campagne de forages, et Nicole Bricq est évincée du ministère de l'Ecologie au lendemain des élections législatives pour atterrir au Commerce extérieur.
5 juin : Duflot prône la dépénalisation du cannabis
Avant Vincent Peillon mi-octobre, la ministre écologiste Cécile Duflot avait elle aussi plaidé en faveur de la dépénalisation du cannabis. Début juin, elle avait estimé qu'"il fa[llait] considérer que le cannabis, c'[était] comme l'alcool et le tabac, même régime". De quoi s'attirer les foudres du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et se fairerecadrer par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.




18 mai : au festival de Cannes, Benguigui s'attire les foudres de Matignon
Un peu plus tôt, c'était la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, qui s'était fait remarquer. Mi-mai, en marge du festival de Cannes, elle avait en effet été aperçue à la terrasse du prestigieux hôtel Martinez. Problème : selon L'Express,Matignon n'était pas au courant de ce déplacement, et avait alors appelé le directeur de cabinet de la ministre pour lui interdire… de monter les marches du Palais des festivals.
17 mai : Peillon annonce le retour à la semaine de 5 jours en primaire… avant d'annoncer une concertation
Mais le premier véritable couac du quinquennat avait eu lieu la veille, et était l'œuvre d'un autre ministre : Vincent Peillon. Le ministre de l'Education avait en effet annoncé sur France Inter, sans la moindre discussion, le retour de la semaine de cinq jours en primaire dès la rentrée 2013. Jean-Marc Ayrault avait alors effectué le premierrecadrage d'une longue série, en rappelant à l'ordre Vincent Peillon : "La méthode, c'est la concertation", avait-il rappelé à son ministre de l'Education, comme à l'ensemble de son gouvernement.









Aucun commentaire: