jeudi 31 janvier 2013

#hitler 80 ans ne jamais oublier, Angela #Merkel: Hitler, "un avertissement permanent pour les Allemands"



La chancelière allemande Angela Merkel a invité mercredi les Allemands à considérer l'accession au pouvoir de Hitler il y a 80 ans comme un "avertissement permanent" pour la démocratie et la liberté.Il y a 80 ans, Hitler accédait au pouvoir

Sur un lieu chargé de symbole, l'ancien siège de la Gestapo (la police secrète de l'Allemagne nazie) à Berlin qui abrite aujourd'hui un lieu d'exposition en plein air, la dirigeante a rappelé sur un ton solennel: "Il y a 80 ans, jour pour jour et quasiment à la même heure, le président Paul von Hindenburg nommait Adolf Hitler chancelier du Reich".
Cette nomination, abondamment commentée dans la presse allemande de 2013, ouvrait la voie à 12 années de nazisme et allait provoquer la mort de 40 à 60 millions de personnes en Europe, dont 6 millions de juifs exterminés dans les camps de la mort.
"Cela doit être un avertissement permanent pour nous, Allemands", a martelé Angela Merkel, soulignant qu'à l'époque personne ne pensait que ce peintre autrichien raté, aux théories simplistes, resterait au pouvoir.
"Les droits de l'Homme ne s'imposent pas de soi. La liberté ne va pas de soi et la démocratie ne réussit pas de soi", a-t-elle ajouté, en inaugurant une exposition, "Berlin 1933, sur la voie de la dictature" consacrée aux six premiers mois du "Führer" au pouvoir.
"Tout ce qui fait une société vivante et humaine nécessite des hommes qui manifestent respect et attention envers les autres, qui prennent des responsabilités pour eux et pour les autres", a insisté la dirigeante. S'exprimant à quelques centaines de mètres seulement du Mémorial de l'Holocauste, la chancelière a, en outre, réaffirmé "la responsabilité permanente" de l'Allemagne pour "la rupture de civilisation" qu'a représentée la Shoah.
Il n'a fallu que six mois à Adolf Hitler "pour anéantir toute la diversité" de la société allemande, selon elle.
"La montée du national-socialisme n'a été possible que parce que les élites et de larges pans de la société allemande y ont participé ou au moins l'ont cautionnée", a-t-elle analysé.
"C'est arrivé, cela peut donc arriver à nouveau", a affirmé le directeur du lieu d'exposition, la Topographie de la terreur, Andreas Nachama, en citant Primo Levi, un écrivain italien survivant des camps. "Nous nous élevons contre cela. Chacun à sa place. A l'école, à l'université, sur son lieu de travail (...) Tout le monde doit faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais".
Les députés du Bundestag ont commémoré, quant à eux, ce mercredi la libération du camp d'Auschwitz, le 27 janvier 1945, par l'Armée rouge. "Seules douze années séparent" le 30 janvier 1933 et le 27 janvier 1945, a souligné le président de la chambre basse du Parlement, Norbert Lammert. Mais c'est aussi "une éternité de l'horreur".
Invitée à s'exprimer devant l'assemblée plénière du Bundestag, l'écrivain et journaliste israélo-allemande Inge Deutschkron, survivante de la Shoah, a témoigné une nouvelle fois de l'abomination du régime nazi.
"Presque tous les jours il y avait de nouvelles lois, directives et interdictions pour les juifs", a raconté cette femme de 90 ans, qui passa la guerre cachée en Allemagne avec sa mère. "On nous a interdit d'aller chez le coiffeur, d'aller à la laverie. On n'avait plus le droit de nous vendre du savon, des oeufs, du beurre et du lait", a-t-elle poursuivi. Après "on ne nous a plus autorisé qu'à faire nos courses entre 16H00 et 17H00".
Le Président de la république, Joachim Gauck, devait, lui, rendre hommage à l'organisation de résistance "la Rose blanche", qui regroupait des étudiants de Munich (sud) finalement arrêtés par la Gestapo et exécutés en 1943.
Le 80e anniversaire de l'accession de Hitler à la chancellerie a également suscité un vif intérêt dans les médias alors que le "Führer" reste une figure omniprésente en Allemagne
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En 1933, le président de la République de Weimar, Paul von Hindenburg, est bloqué: impossible de former un gouvernement. Il se trouve obligé de nommer l'homme fort du parti national socialiste, pourtant en recul après les élections. Adolf Hitler, qui refusait tout compromis, se retrouve à la tête d'un pays en pleine crise. Nous sommes le 30 janvier 1933. Benito Mussolini est déjà à la tête de l'Italie.

L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler inaugure une période noire pour l'Europe. Le fascisme accède aux leviers du pouvoir, après une préparation qui a duré près de 15 ans.
"Le fascisme c’est tout d’abord la combinaison d’un parti de masse avec des unités paramilitaires". Pour Peter Lagrou, professeur d'Histoire contemporaine à l'ULB, ce sont ces deux éléments qui ont permis à Mussolini dès 1919, et à Adolf Hitler, dès 1930, de s'imposer. Il vont "s’emparer de l’espace public en lançant ces bandes paramilitaires pour agresser intimider les adversaires politiques".
La violence est exercée avant l'accession au pouvoir. Le pouvoir conquis, "on a finalement tous les instruments de l’Etat pour mettre l’opposition hors d’état de nuire". Les opposants sont neutralisés, l'opinion publique préparée accepte. 
Dachau voit le jour à peine quelques mois après l'arrivée de Hitler aux commandes de l’État. "Le camp de concentration est quelque chose dont on est très très fier", explique Peter Lagrou. "On invite la presse internationale pour venir visiter ce lieu de concentration moderne". L'accueil s'avère près positif, tant in estime que la différence avec les prisons du 19ème siècle est grande:"là on est en plein air en forêt, dans des baraques, où les détenus vont être rééduqués par le travail". Mais la répression est violemment étouffée, les populations vont progressivement être terrorisées:"on arrive très bien à intimider la population en ciblant la répression".
Avant 1938, l'univers concentrationnaire est peuplé de quelques dizaines de milliers de prisonniers, rappelle Peter Lagrou. Quelques années plus tard,à partir de 1941, il va enfermer des millions de personnes. Avec l'issue fatale pour une grande partie d'entre elles.
L'historique de l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne est retracée dans le Storify ci-dessous.
Hitler-Mussolini: une alliance conflictuelle
Lorsque Hitler devient Chancelier, Benito Mussolini est déjà au pouvoir depuis 1922. Il a déjà eu le temps d'assoir sa dictature, et d'imposer ses "lois fascistissimes". L'alliance est incontournable. Mussolini initie sa politique raciste et antisémite en 1938. En 1939, il signe le pacte le liant à l'Allemagne nazie.
A travers des images d'archives, "Mussolini-Hitler, l'opéra des assassins" retrace les rapports singuliers entre les deux dictateurs que tout semblait opposer, bien qu'ils aient été guidés par la même idéologie fasciste et fanatique. Les trajectoires de ces deux personnages qui étaient communes au tout début, s'écartèrent de plus en plus jusqu'à devenir conflictuelles et dramatiques. A travers leur relation se révèlent des aspects méconnus du conflit de la Seconde Guerre mondiale, et non moins riches en enseignements, dont quelques images sont visibles ci-contre. Le documentaire est diffusé sur la Trois, ce mercredi 30 janvier
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