lundi 8 octobre 2012

Roms : "Après ce qui s'est passé à Marseille, il faut faire vite"


Hier au Jas de Bouffan, face à une salle comble, des militants aixois ont proposé d'éclairer le débat sur la question des Roms.
Deux tables rondes étaient organisées, avant une partie spectacle assurée... par des musiciens tsiganes.
Deux tables rondes étaient organisées, avant une partie spectacle assurée... par des musiciens tsiganes.
Photo Serge Gueroult
C'est une rencontre qu'ils avaient appelée de leurs voeux depuis de longs mois, lorsque grossissaient à vitesse grand V, autour d'Aix, les bidonvilles de roms. L'actualité récente marseillaise - les habitants d'une cité brûlant un campement - en a encore démontré l'acuité. 

Hier, les membres du Caddris (Collectif aixois pour les droits et la dignité des roms, des immigrés et des sans-papiers) ont organisé un colloque intitulé "Des solutions, maintenant", donnant la parole à des élus mais aussi à des universitaires et des membres d'associations de terrain. Paroles salvatrices pour un débat nécessaire (même s'il était occulté par les élus de la majorité municipale), paroles pour expliquer la situation aux citoyens, donner des témoignages mais aussi tenter de trouver des solutions. Ce qui, il faut bien l'admettre, sera le chemin le plus ardu à parcourir.
Deux tables rondes étaient initiées hier dans la salle comble du centre social des Amandiers, au Jas : une intitulée "Europe, Méditerranée : pour un monde de dialogue et d'échange respectueux des droits et de la dignité de tous". L'autre portait sur le thème "Roms : vers la fin de la stigmatisation, pour des solutions humaines et durables".
La question de la place des roms dans la société, c'est d'abord un contexte géopolitique, présenté par Marie-Christine Vergiat, députée européenne "Front de gauche". Celui faisant se télescoper l'effondrement du bloc soviétique et l'élargissement de l'Union Européenne, ajouté au drame du 11 Septembre 2001 ; "L'Union Européenne se met à construire une Europe forteresse". Europe au sein de laquelle les États se chargent de trouver des boucs émissaires à la crise : étrangers, sans-papiers, roms, un discours déjà rodé il y a quelques décennies quand on pointait "les polacks, les ritals ou les espingouins".
Fonds européens inutilisés
Aline Archimbaud, sénatrice Europe Écologie les Verts a recentré le débat sur les roms, pointant une "aberration" : celle qui consiste à exclure les ressortissants de Roumanie et de Bulgarie du marché du travail : "Nous allons demander au gouvernement français de lever les mesures transitoires, dérogatoires, demandées par la France à l'UE : celles qui verrouillent l'accès au travail légal à ces ressortissants. Ils doivent demander une autorisation de travail à la préfecture, qui est délivrée dans le meilleur des cas 9 mois après. Or, tout citoyen européen peut entrer en France, mais il a trois mois pour déclarer des ressources suffisantes pour résider ici".
Bref, selon l'intervenante, tout est fait pour "maintenir les roms dans la marginalité". Ajoutez à cela un discours politique amalgamant gens du voyage et ressortissants d'Europe de l'Est...
Quelles solutions, alors ? La sénatrice propose des pistes, certaines ayant été reprises par "quelques municipalités courageuses à deux ans des municipales" : au-delà de plan de lutte contre la précarité, favoriser "des initiatives d'autoconstruction, mais pas de bidonvilles, avec une impulsion gouvernementale". L'argent ? Il existe. "La France pourrait disposer de fonds européens pour lutter contre la précarité de ces populations. 400 millions sont disponibles. Et un million seulement a été utilisé par la France". Le débat est lancé. Porté à l'échelon local, il faut désormais qu'il pousse les portes nationales...

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